Opinion : les fidèles se sentent invisibles


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Opinion : les fidèles se sentent invisibles
Pixabay 2020
Par Sarah Poucet
Publié le
3 min

Ce matin, plusieurs cartes blanches ont été relayées dans la presse notamment flamande. Ces différents intervenants ne sont pas satisfaits des mesures accordées par le ministre de la Justice en collaboration avec les représentants des cultes. Mais le point qui fâche, c'est surtout la tendance à invisibiliser les cultes.

Charles Delhez a, lui aussi, fait part de ce constat dans une chronique publiée dans La Libre. Intitulée "Le sentiment de ne plus exister", c'est bien le manque de considération de l’État à l'égard des fidèles qu'il dénonce. "Une tendance apparaît de plus en plus de nos jours, celle de la nier [la religion], d’en faire une étape dépassée de notre humanisation. Aujourd’hui, il est de bon ton d’accuser les religions de tous les maux, et particulièrement celle de la majorité au moins relative des Belges, la religion catholique. Sans aucune contextualisation historique ni sens de la mesure et à coups de simplismes affligeants, l’Église est traînée devant le tribunal médiatique ou vilipendée dans la conversation des cafés du Commerce entre la troisième et la quatrième chope."

Il s'attriste de voir que l'héritage catholique est présenté comme négatif et responsable de tous les maux. En effet, l'Inquisition, les guerres de religion et les croisades sont tout autant dommageables à l’Église qu'à l’État, les deux pouvoirs étant étroitement lié à l'époque. De même, selon Charles Delhez, il n'est pas juste de réduire l’Église à ses affaires d'abus sexuels, bien qu'elles aient des conséquences dramatiques pour les victimes, l'institution cléricale n'en a pas le monopole.

Trouver la juste présence

Charles Delhez poursuit en signifiant que dans toutes les civilisations, la religion a été une organisation de pouvoir oppressante. Il était juste de dépasser ce système pour que chaque citoyen puisse vivre ses droits politique, philosophique ou encore éthique sans être sous la coupe des institutions religieuses. Séparer l’Église de l’État, c'est ce qui a fait la modernisation de notre société. Une question traitée dès la Constitution de 1831 en Belgique. Néanmoins, les fidèles d'aujourd'hui souffrent d'un manque de reconnaissance. "De plus en plus, cependant, les croyants, surtout les pratiquants, ont le sentiment de ne plus exister aux yeux de leur propre pays. Le silence assourdissant à propos des cultes dans les mesures sanitaires récentes a été ressenti par eux comme une blessure et perçu, à tort ou à raison, comme un mépris de la foi." De nombreux fidèles se sont mobilisés. La requête de la communauté juive d'Anvers auprès du Conseil d’État a d'ailleurs permis d'obliger le gouvernement à réévaluer les conditions sanitaires d'exercice du culte.

Réduction des cours de religion

Au-delà du contexte sanitaire, Charles Delhez dénonce un tendance générale à faire disparaître le religieux de notre société. Il cite notamment en exemple les cours de religion. " Il y a une volonté manifeste d’en réduire l’espace sinon de les supprimer. Or, la religion est un fait social, quelle que soit la position de chacun à son propos. Le fait religieux, sans confusion avec le prosélytisme, mérite d’être enseigné comme tout autre fait historique, scientifique ou littéraire. On sait la place qu’il a prise dans l’histoire et qu’il occupe dans l’actualité. L’école devrait en permettre une connaissance sérieuse, accompagner une distance critique et préparer à un dialogue vrai." Ces cours permettent d'ouvrir les jeunes à la dimension spirituelle de l'existence. Ils ont une vraie utilité qu'il ne faut pas ignorer sans quoi nous risquerions "de faire le lit des fondamentalismes et des extrémismes et de nous enfoncer dans le matérialisme consumériste et l’individualisme tant décriés, et à raison." conclut-il.

L'intégralité de la chronique publiée dans la Libre est à retrouvée ici.

Catégorie : Eglise Belgique

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