
Avec l’augmentation du nombre de contaminations, d’hospitalisations et de décès, non seulement en Belgique mais dans d’autres pays, le spectre d’une nouvelle vague de l’épidémie de Covid-19 refait surface. Certes, les scientifiques – bien que partagés sur la question – jugent que nous sommes mieux armés qu’au printemps dernier. Tant mieux. Mais, pour éviter une forte recrudescence des cas positifs au coronavirus, il importe de respecter les nouvelles mesures de précaution qu’ont prises les autorités, non de gaîté de cœur.
On peut comprendre que la lassitude se soit installée, voire même qu’un sentiment de colère puisse nous envahir. Tous, nous sommes impactés par les "gestes barrières" et par les mesures de "distanciation sociale" (terme épouvantable!). Ne plus pouvoir serrer des mains ou embrasser, devoir limiter nos rencontres, y compris familiales, porter presqu’en permanence le masque, tout cela met à mal notre vie sociale. Et c’est encore plus dur pour les personnes âgées ou seules. Dernièrement, à la télévision, une jeune étudiante a eu cette réaction: "C’est dur. Nous les jeunes, on a besoin de s’amuser, de voir des amis…" D’accord. Et les moins jeunes? Ils n’ont pas les mêmes envies? Cela démontre à quel point parfois, il existe un écart entre les réalités de chacun; ce qui peut impacter la solidarité intergénérationnelle.
Comment pallier cela? La Providence fait bien les choses. Au moment où le découragement nous surprend, paraît l’encyclique Fratelli Tutti du pape François. Le pape se penche sur la pandémie estimant qu’elle "change le monde et nous met en crise". Il ajoute: "La façon dont nous nous en sortons dépend des décisions que nous prenons pendant la crise." Pour en sortir mieux, comme le martèlent les autorités, il faut se "serrer les coudes". Arrêter de ne penser qu’à notre propre plaisir immédiat pour regarder l’avenir avec espérance.
Si d’aucuns se demandent comment appliquer chez nous Fratelli Tutti, c’est l’occasion. En expliquant notamment à nos jeunes qu’en ne respectant pas les mesures de protection, non seulement ils se mettent en danger, mais aussi les autres, ceux qui leur sont proches. Et qu’en plus, ils brisent la solidarité humaine. Cette fraternité prônée par François, qui induit un effort de tous en ce moment de crise, est le meilleur moyen de sortir plus fort de cette période pesante.
Jean-Jacques DURRÉ
