Depuis le décès tragique de George Floyd aux Etats-Unis, les mouvements spontanés de protestation contre le racisme se sont multipliés un peu partout dans le monde. De Minneapolis, où il a trouvé la mort, à Washington, New-York, Atlanta, Rome, Berlin, Bruxelles, Paris, etc., les gens ont bravé les interdictions liées aux précautions de sécurité imposées par la crise sanitaire pour clamer un seul mot d’ordre: "Non au racisme". Ce fait est loin d’être anodin et nous ne pouvons que nous en réjouir.
Car le racisme est un fléau. Même en Belgique, il reste une réalité en 2020. Chaque année, Unia (l’ex-Centre interfédéral pour l’égalité des chances) ouvre 10% de dossiers en plus pour des faits de racisme.
Au-delà de cet aspect essentiel de lutte contre la haine raciale, le mouvement né à cause de l’attitude des policiers qui interpellaient George Floyd, s’est retourné contre les forces de l’ordre. Accusées au mieux de "harceler" les gens de couleur, voire de les bousculer ou de les molester, les policiers sont taxés de racistes. Ne nous mettons pas la tête dans le sable: cela existe! Le nier est un mensonge. Mais il faut faire la part des choses.
Une brebis galeuse dans le groupe peut être hélas fréquent, mais tous les policiers sont-ils pour autant à mettre dans le même sac? Ceux qui portent atteinte à leur uniforme, déshonorent leur profession. Pire, ils alimentent la suspicion du public qui ne voit plus en l’agent un défenseur mais bien un agresseur potentiel.
Ce qui est valable pour les forces de l’ordre l’est tout autant pour les clercs qui, par leurs agissements en matière d’abus sexuels, portent préjudice à l’ensemble du corps ecclésial. Et donc ébranlent la confiance des fidèles envers l’Eglise.
On pourrait multiplier à l’envi ce genre d’exemples. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de ne plus tolérer ces "dérapages" et autres dérives. Elles ne peuvent plus être couvertes et doivent être sanctionnées, aux termes d’enquêtes correctement menées.
Le pape François a condamné le péché de racisme, comme il l’a fait pour "l’omerta" qui a couvert les abus. En décembre dernier, il a levé le secret pontifical sur les dénonciations d’abus sexuels, ainsi que sur les procès et verdicts dans ce domaine, marquant ainsi la fin de l’impunité.
Un vers dans la pomme peut pourrir le fruit. Mais évitons de penser que toutes les pommes sont pourries!
Jean-Jacques DURRÉ
