Edito – Le temps de passer aux actes


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Edito – Le temps de passer aux actes
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
2 min

Il est sans doute trop tôt pour tirer les leçons de la crise du coronavirus que nous connaissons depuis le début de l'année. Mais il sera inévitable de le faire à moyen terme. Pour deux raisons. La première est pour éviter une probable querelle politico-politicienne. Si nos élus ont fait bloc et soutenu un gouvernement muni de pouvoirs spéciaux pour lutter contre la pandémie, on voit déjà que cette belle unité se fissure. Que les vieux démons reviennent et que les jeux politiques reprennent dans la perspective des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral de plein exercice. Espérons que la raison guidera les négociateurs pour éviter que notre pays, qui va devoir faire face à une situation économique et sociale sans précédent dans l'histoire récente, ne sombre dans un repli sur soi. Repli sur soi qui guette d'ailleurs aussi les autres Etats de l'Union européenne.

La seconde raison: tirer les leçons de la crise de façon transparente et lucide est la plus importante. Tous les experts s'attendent à une "seconde vague". Le virus n'a pas disparu, même si notre vie semble retrouver des allures de ce qu'elle était avant la crise. Dimanche dernier, le médecin et microbiologiste belge Peter Piot, directeur de la London School of Hygiene and Tropical Medicine et conseiller de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour la recherche sur le Covid-19 l'a redit dans l'émission politique de la VRT "De zevende dag". Selon lui, il est inévitable que le virus revienne et il estime que nous ne sommes qu'au début de l'épidémie. La carrière de ce spécialiste qui fut l’un des codécouvreurs du virus Ebola ne laisse planer aucun doute sur ses compétences et donc sur son avertissement.

Il est donc impératif que nos dirigeants prennent leurs responsabilités. Plus d'un an après les élections, il faut maintenant cesser ce petit jeu qui consiste pour certaines formations à toujours souffler le chaud et le froid. Le dernier épisode en date est le retrait des nationalistes flamands, lors des discussions du "superkern", visant à valider une série de nouvelles mesures d’aide économique dans le cadre de la crise du coronavirus en Belgique. Ce n'est pas cela que les Belges attendent. Aujourd'hui, il faut passer aux actes et donner à notre pays une équipe forte capable de faire face aux inévitables défis qui vont se poser.

Jean-Jacques DURRÉ

Catégorie : En dialogue

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