Depuis plusieurs semaines maintenant, nous sommes privés de célébrations eucharistiques. Celles-ci étant interdites avec du public, il faut rappeler que les évêques belges ont pris des mesures, bien avant le confinement décidé par les autorités fédérales. Comme chacune et chacun, je suis "en manque". En manque d’eucharistie, de prières en communautés, de la messe. Après la récente annonce du plan de déconfinement concocté par les experts et le Conseil national de sécurité, comme beaucoup, je me suis posé la question de savoir si des mesures étaient prises pour permettre une reprise des célébrations eucharistiques, au moins dominicales. Mais, rien. Du coup, certains se demandent pourquoi la Conférence épiscopale ne monte pas au créneau pour demander la reprise des messes au moins le dimanche. Ils citent en exemple Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris, qui serait sur le point de demander à pouvoir célébrer l’eucharistie, en respectant les consignes de distanciation sociale.
Si on peut comprendre que les fidèles aimeraient beaucoup pouvoir profiter à nouveau de célébrations religieuses, il faut d’abord se réjouir que nos évêques préfèrent rester prudents. Bien sûr, ils souhaiteraient pouvoir annoncer la reprise des célébrations, mais si cela se fait dans la précipitation, le risque sanitaire reste important.
Je crois qu’il faut saluer ce courage de nos évêques, qui ont à cœur de respecter les décisions des autorités, même si ce n’est pas facile ni agréable, on s’en doute. Sans vouloir être "donneur de leçons", il me semble important de rappeler que nous ne sommes pas propriétaires de notre pratique religieuse. Evitons de devenir des "consommateurs" de sacrements, ramenant tout à notre petite personne et à nos habitudes. Le Christ et l’Eglise nous invitent au partage et à la solidarité. Et le pape François nous pousse à aller aux périphéries, c’est-à-dire à sortir de notre confort quotidien qui rassure.
Je voudrais rappeler cet extrait d’un de ses discours, en 2017: "J’aimerais que tu te rappelles qu’être heureux ce n’est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, des relations sans désillusions. Etre heureux c’est trouver la force dans le pardon, l’espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l’amour dans les désaccords."
Tout est dit.
Jean-Jacques DURRÉ
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