Avec un gouvernement en affaires courantes et qui plus est minoritaire au Parlement, les députés élus en mai dernier ne sont pas encore tenus par ce qu’on appelle la discipline de partis, souvent de mise dans les formations politiques qui composent une majorité parlementaire soutenant l’exécutif. En clair, sans gouvernement fédéral et en absence de programme gouvernemental, les élus du Parlement ont le loisir de faire voter des lois, qui a fortiori ne font pas partie d’un projet de législature.
Certains y ont vu là une belle opportunité de s’engouffrer dans la brèche que constitue ce vide politique. Après le dépôt d’avant-projets de loi visant à faire de l’avortement un "acte médical" (voir Dimanche n° 33 du 22 septembre 2019), voilà que l’idée d’inscrire le principe de laïcité dans la Constitution refait surface tout comme celle du financement des cultes, essentiellement catholique bien sûr. On avance un chiffre: seulement 5% des Belges fréquenteraient régulièrement la messe dominicale. C’est faire fi de tous ces animateurs pastoraux qui ne comptent pas leur temps pour visiter les prisonniers, les malades, les personnes âgées dans les homes, les isolés, les personnes en fin de vie, les plus fragiles de notre société. Voilà aussi à quoi sert l’argent versé à l’Eglise de Belgique: à soulager les maux et douleurs de notre monde. La fréquentation des messes et lieux de culte n’est que la face émergée d’une immense masse de solidarité, qui se pratique sans faire parler d’elle mais dont l’importance est vitale.
Ces tenants de la laïcité espèrent donc trouver une majorité d’élu(e)s pour faire passer leurs idées. En soi, c’est de bonne guerre et loin de moi l’idée de mettre en cause le travail parlementaire. Mais, lorsqu’il s’agit de thèmes qui engagent toute la société, dans chacune de ses composantes, il serait préférable de placer ce type de thématiques sociétales dans un accord de gouvernement. Voire d’organiser une table ronde avec tous les acteurs de la société, y compris les cultes, pour en discuter. On me qualifiera peut-être d’utopiste, mais cela me paraît être du bon sens et être une démarche encore plus démocratique.
Puissent les adversaires de l’Eglise découvrir la beauté de son message, la réalité quotidienne de ce que pratiquent les clercs et autres laïcs engagés: aimez-vous les uns les autres!
Jean-Jacques DURRÉ
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