Dimanche dernier a débuté au Vatican le synode sur l’Amazonie. Un événement d’Eglise qui a une portée toute particulière et dont les médias généralistes n’ont pas ou peu perçu l’importance, préférant s’en tenir au fait que les pères synodaux allaient aborder l’éventualité d’ordonner prêtres des hommes mariés. Si ce sujet est effectivement un élément qui sera évoqué, l’événement primordial est que pour la première fois de son histoire, l’Eglise universelle se penche non pas seulement sur des points de doctrine et de pastorale, mais bien sur l’avenir de notre planète. L’Amazonie est, on l’a maintes fois répété, le poumon vert de la planète, avec la forêt équatoriale d’Afrique centrale. Sans elles, notre maison commune, la Terre, se retrouverait asphyxiée. C’est donc de l’avenir de l’être humain qu’il est question et sur lequel les participants au synode auront à discuter.
A cet égard, la décision du pape François en 2017 de convoquer ce synode n’est pas due à un effet de mode. L’Instumentrum Laboris (document de travail) préparatoire au synode, paru en 2018, aborde de nombreux points essentiels sur deux axes principaux: l’écologie intégrale – thème cher au souverain pontife, dans la foulée de la lettre encyclique Laudato si’ - et l’étude de "nouveaux chemins pour l’Eglise". C’est dans cette dernière, effectivement, qu’est soulevée la question d’ordonner éventuellement des hommes mariés pour poursuivre l’évangélisation de cette région du monde qui clame son désarroi face aux attaques dont elle fait l’objet; attaques qui touchent à la dignité humaine.
Mais qu’on ne s’y trompe pas. La notion centrale de cette réunion synodale est bien la VIE. La vie qui, en Amazonie, est menacée par la destruction et l’exploitation de l’environnement, par la violation systématique des droits de l’homme les plus fondamentaux de la population amazonienne. Mais aussi la vie de l’Eglise et surtout la vie de la planète.
Cela prouve, n’en déplaise aux esprits chagrins, que notre Eglise n’est pas déconnectée des réalités quotidiennes. Elle est bien ancrée dans notre époque. J’oserai même écrire qu’elle est en avance par rapport au monde politique ou à d’autres courants religieux ou non confessionnels. L’Eglise universelle est soucieuse de l’avenir, en pensées et en actes. C’est réjouissant et cela traduit bien cette merveilleuse phrase du Christ: "Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance" (Jn 10, 10).
Jean-Jacques DURRÉ
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