On ne choisit pas […] les trottoirs de Manille, de Paris ou d’Alger pour apprendre à marcher." Si tous les êtres humains ont comme point commun d’être nés quelque part (comme le chante Maxime le Forestier), cela ne signifie pas que nous avons les mêmes droits dans la vie. Naître à Bruxelles ou dans une région en guerre ne donne pas les mêmes perspectives à l’enfant. Que ce bébé soit une fille ou un garçon, en bonne santé ou souffrant d’un problème médical, changera aussi ses perspectives.
En grandissant, chacun tente sa chance sur un territoire donné, en fonction des cartes dont il dispose: pour certains, faire des études à l’université; d’autres chercheront rapidement à gagner de l’argent. Il y a encore ceux dont le seul objectif est de rester en vie, dans un environnement le plus sécurisé possible pour eux et pour leur famille. Ceux-là doivent fuir leur pays en guerre. Les femmes essaient de chercher une société où elles pourront vivre librement sans qu’on leur impose un mari ou une tenue voilée.
Un nombre de plus en plus important de personnes est amené à quitter son pays parce que les conditions climatiques ne permettent plus d’y vivre sainement et d’y cultiver ce qui est nécessaire pour s’alimenter. Il est heureux que nous nous mobilisions pour le climat, comme ce fut le cas vendredi dernier, pour des milliers de marcheurs descendus dans la rue. Nos efforts passés, présents et à venir, en matière de gestion des ressources naturelles ont des effets sur les conditions de vie dans le monde, et sur le nombre de migrants climatiques.
"On ne choisit pas sa famille", rappelle Maxime le Forestier… Mais on peut décider d’élargir ses bras à des frères et sœurs qui viennent de loin. Ces hommes et ces femmes qui viennent frapper à notre porte pour des raisons économiques ou climatiques ne sont pas seulement des migrants. Ce sont nos frères et sœurs en humanité. Leur place ne réside pas dans des centres fermés, à proximité des aéroports, comme des objets qu’on y parquerait avant de les renvoyer à l’expéditeur. Allons plutôt à leur rencontre, le week-end prochain par exemple, pour découvrir ce que ces hommes et ces femmes apportent à notre société.
Anne-Françoise de BEAUDRAP
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