Déminer le terrain !


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Déminer le terrain !
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Le résultat des élections a au moins montré une urgence: la nécessité impérative de s’occuper de la précarité et de la migration. La montée des partis extrémistes et populistes fait qu’on ne peut plus éluder la question. Ce sont de vraies solutions structurelles dont nous avons besoin, plus de "mesurettes" qui ne font que retarder l’échéance de la date à laquelle, notamment, la "bombe migratoire" nous sautera au visage!
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les statistiques officielles de l’ONU, le nombre de migrants internationaux dans le monde est évalué entre 185 et 192 millions de personnes et ces chiffres seraient en augmentation de 2% par an, depuis le début des années 2000.
Au côté de ce problème migratoire, la précarité et la privatisation sont deux autres fléaux auxquels il faut s’attaquer. Selon une étude européenne datant de 2017, près de 21% de la population belge indiquaient avoir des difficultés ou de grandes difficultés à s’en sortir. Et il faut y ajouter tous nos compatriotes vivant sous le seuil de pauvreté ou dans la rue, sans perspectives d’avenir. Ces situations font le lit de l’extrémisme de droite et de gauche.
Nous ne pouvons donc plus rester les bras croisés. Certes, il n’y a pas de solution "miracle". En matière d’immigration, vouloir faire de notre Vieux continent une forteresse n’est pas la panacée. Deux personnalités politiques d’expérience m’ont à tour de rôle confié lors d’interviews "off the record" comme on le dit le jargon journalistique, que d’ici à 2050, l’Europe aura besoin de trente millions d’immigrés pour maintenir son niveau social, de pension et de standing de vie.
Sur le plan social, il faut s’atteler à réduire la fracture qui s’accroît et qui touche aujourd’hui les couches les plus fragilisées de notre société, mais aussi la classe moyenne. Tout cela représente un terreau fertile pour le ressentiment et l’émergence de frustrations, d’un sentiment d’injustice, de colère même.
Au niveau mondial, mettons en place des "états généraux de la migration", car c’est un problème à l’échelle de la planète, qui ne pourra se régler que par le biais des Nations-Unies. Chez nous, lançons un "grand débat" sur la précarité et la pauvreté. Chaque fois avec tous les acteurs concernés. C’est le seul moyen de déminer un terrain qui devient dangereusement explosif.

Jean-Jacques DURRÉ
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