Panne de la démocratie ?


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Panne de la  démocratie ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

L’apparition du mouvement des "gilets jaunes" donne l’impression de pouvoir substituer la démocratie représentative par la démocratie participative. Les manifestations qui se succèdent démontrent à quel point le respect et la légitimité s’amenuisent. Cette situation doit nous interpeller. D’où cette question: notre modèle démocratique est-il en panne?
Ce n’est heureusement pas le cas. En revanche, la remise en cause de toute forme d’expertise est bien concrète, tout comme l’apparition d’une vraie suspicion à l’égard de différentes catégories. Les femmes et hommes politiques – pourtant choisis par l’électeur – sont les premiers concernés, ce qui ne va pas sans les déstabiliser quelque peu. J’en veux pour preuve les mots prononcés par l’ancien Premier ministre français Alain Juppé, qui abandonne la vie politique pour présider le Conseil constitutionnel de l’Hexagone: "L’envie me quitte tant le contexte change (…); l’esprit public est devenu délétère." L’homme d’Etat a regretté "le discrédit des hommes et des femmes politiques réputés, la stigmatisation des élites dont tout pays a pourtant besoin", ajoutant que "l’esprit public, la vie publique sont difficiles à vivre et lourds à porter (...). Aujourd’hui, aucune fonction n’inspire plus le respect à nos concitoyens".
Le monde politique n’est pas seul concerné: les médias, les scientifiques, les enseignants, les experts, les économistes… subissent le même sort. Certains analystes y voient une tendance à l’égalité démocratique, qui remet en cause les autorités et l’obligation de respecter des normes. Alors, comment reconnaître la légitimité de ceux qui prétendent nous diriger si nous sommes convaincus que nous valons autant qu’eux?
Loin de moi l’idée de stigmatiser ou d’amoindrir ceux qui descendent dans les rues pour demander un changement de cap, qu’il soit économique, écologique ou sociétal. Mais ils doivent se rappeler que notre système démocratique est jusqu’ici la meilleure méthode (ou la moins mauvaise) qu’on ait trouvée pour diriger un pays. Le droit de vote peut changer les choses. A deux conditions: qu’il sanctionne les promesses non tenues et qu’il s’exerce justement en terme d’égalité démocratique. On ne choisit pas nos représentants pour répondre aux chants des sirènes, mais bien parce qu’ils portent les valeurs que nous voulons défendre!

Jean-Jacques DURRÉ
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