Edito – Blue Monday !


Partager
Edito – Blue Monday !
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

Il est de tradition de dire que le troisième lundi de janvier est le jour le plus déprimant de l’année. C’est le Blue Monday ! Les raisons invoquées sont toujours bien curieuses: les bonnes résolutions de la nouvelle année seraient oubliées depuis longtemps. Il est vrai que la météo est toujours maussade en cette période et que la vie semble bien souvent se répéter. Le changement espéré en début d’année ne se produit pas et la routine fait son œuvre. Bref, la magie des fêtes est loin et la banalité du quotidien reprend ses droits. "Mène ta vie de sorte que tu puisses souhaiter qu’elle se répète", affirmait un stoïcien. L’actualité — la nôtre ? — ne nous invite-t-elle pas au contraire? Voulons-nous la répétition ou bien un réel changement? Voici que l’évangile de ce dimanche nous présente le premier de tous les signes: le vrai changement qui s’opère à Cana! Ce récit plein de symbolique est connu: les jarres rituelles de pierre demandent à être remplies. Elles représentent cette humanité vide, en quête de sens, inquiète par la tension entre le permis et le défendu, aspirant à de la nouveauté. A cette angoisse existentielle, l’évangile vient substituer une dynamique d'amour symbolisée par le vin nouveau de l'Esprit, le vin de la joie. Alors que le symbole de l’eau nous plonge dans les premières lignes de la bible, au commencement, où l’esprit de dieu planait sur les eaux; le vin, par contre, nous plonge dans ses dernières lignes. C’est le symbole de l’accomplissement, des noces. Nous sommes donc à Cana, entre les deux! Vivre Cana, c’est quitter l’eau d’une vie stagnante, transformer l’homme ancien qui sommeille en nous, pour découvrir cette joie profonde, ce vin de la fête, qui se risque à croire que le meilleur est devant! Gilets jaunes, acte IX. Arrêt partiel du fonctionnement des autorités fédérales. Maison soufflée par une explosion de gaz. Est-ce l’éternel retour du même? Croire réellement au changement, c’est mettre du vin dans son eau. C’est mettre un goût d’espoir là où nous n’en mettons pas spontanément. C’est agir non par devoir, de manière rituelle et automatique, mais par gratuité. Il s’agit vraiment de mettre un peu d’ivresse dans la banalité du quotidien, de la joie dans nos existences parfois pleines de larmes. Et si nous mettions un peu de vin dans notre eau? Un peu de joie dans l’ordinaire de nos jours…

Didier CROONENBERGHS o.p.

Catégorie : En dialogue

Dans la même catégorie