Une voie de préférence…


Partager
Une voie de préférence…
Par Didier Croonenberghs
Publié le - Modifié le
2 min

Les expressions liées au service sont bien souvent de l’ordre du devoir, du pouvoir ou de l’argent: le service public, le service après-vente, le service compris… Le service est souvent vu comme un devoir à accomplir, quelque chose qu’il faut rendre, une tâche imposée par la fonction ou une prestation contre rémunération. D’ailleurs, lorsque le service est gratuit, il faut le préciser! Dans notre culture où tout s’achète, la notion de service implique donc un rapport synallagmatique: une relation bilatérale où on est en droit d’attendre quelque chose en retour. Et pourtant... Se mettre au service ne consiste-t-il pas à sortir du calcul, de l’attente de résultats, fussent-ils des urnes? Etre serviteur selon l’évangile, c’est s’inscrire dans la gratuité et n’avoir en rien besoin de la gratitude des autres pour exister. Le vrai service n’attend rien en retour. Il n’est pas dans la logique de la reconnaissance. En ce sens, il rend libre. Le service n’est pas une arme de séduction massive pour recueillir de l’affection ou des votes. "Ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur", nous dit l’évangile de ce dimanche. Etre grand, c’est n’est pas être au centre de son propre monde ou en tête de liste, mais c’est regarder le monde dans son cœur, l’écouter, le servir. L’évangile restera toujours irréductible à une logique de pouvoir qui se mesurerait ou un rapport de grandeur qui se ferait sentir. L’exemple d’Oscar Romero - canonisé dimanche passé et dont la vie a été consacrée aux sans voix - nous le rappelle. A ceux qui attendent des résultats tangibles comme autant de sécurités et de lieux de reconnaissance, l’évangile proposera toujours de suivre une autre approche, plus risquée et plus profonde mais pas utopique pour autant. Et si nous commencions, là où nous sommes et sans nous plaindre, à prendre le chemin des vrais serviteurs qui n’attendent rien en retour? C’est à cette voie qu’il faut donner notre préférence.

Fr. Didier CROONENBERGHS, o.p.
Vos réactions sur [email protected]

Catégorie : En dialogue

Dans la même catégorie