La semaine dernière, de nombreuses voix se sont élevées après le coup de colère de la présentatrice météo de la RTBF, Cécile Djunga, qui en a assez des insultes racistes dont elle fait l’objet sur les réseaux sociaux. Même levée de boucliers après la diffusion sur la VRT d’un reportage à propos du mouvement flamand Schild en Vrienden, dont les membres ne cachent pas leurs sentiments racistes, antisémites et sexistes. Le monde politique a été unanime: il n’y a pas de place pour les racistes en Belgique. On ne peut que se réjouir de cette condamnation générale.
Dimanche dernier, l’épître lue lors des célébrations dominicales était la lettre de saint Jacques dans laquelle l’apôtre appelle à ne pas juger sur les apparences. Or, aujourd’hui, n’a-t-on pas tendance à avoir des préjugés sur ceux qui sont différents par leur statut social, la couleur de leur peau, leur origine, leurs convictions? Je le répète, il est heureux que la classe politique ait réagi d’une même voix pour dénoncer les propos et comportements à caractère raciste. Mais, ce n’est pas suffisant. Mon inquiétude est que l’on a trop tendance à banaliser ces discours. Il a fallu qu’une personnalité du petit écran pousse un coup de colère pour que les réactions voient le jour. Or, combien de personnes subissent quotidiennement ce type d’attaques verbales ou physiques sans que cela n’entraîne de réactions? La xénophobie a, hélas, toujours existé, mais, dans le passé, il s’agissait d’un racisme honteux - ce qui n’en est pas moins inadmissible – alors que, de nos jours, nous assistons à un racisme décomplexé. Ceux qui le pratiquent n’hésitent pas à s’exprimer ouvertement et sans filtre sur les réseaux sociaux ou en rue. Et ce, malgré la loi Moureaux de 1981 qui a fait du racisme un délit, alors qu’il était jusque-là considéré comme une opinion.
Chez nous, comme dans toute l’Europe, et même de l’autre côté de l’Atlantique, certains n’hésitent plus à parader en faisant le salut nazi et en prônant la suprématie blanche. Lors de récents scrutins, les partis d’extrême-droite font une percée importante, comme le week-end dernier en Suède. L’ultra- droite est au pouvoir en Autriche, en Hongrie et en Italie. Ce n’est donc pas anodin si les sentiments xénophobes sont davantage tolérés, voire partagés par une frange de la population. C’est là que réside le danger!
Jean-Jacques Durré
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