Cuba : l’Eglise catholique locale n’attend rien du changement de pouvoir


Partager
Cuba : l’Eglise catholique locale n’attend rien du changement de pouvoir
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Même si désormais Cuba ne sera plus dirigée par les Castro, les responsables de l’Église catholique dans l’île n’attendent pas grand-chose de ce changement. Tout au plus, espèrent-ils quelques avancées, comme plus de liberté en matière d’éducation, de médias, de construction d’églises et d’accueil de missionnaires étrangers.

Ayant succédé à son frère Fidel Castro en 2006 (décédé en 2016), Raoul Castro vient de passer la main après douze ans de pouvoir. Cette passation de pouvoir va-t-elle changer quelque chose pour l’Église catholique à Cuba sachant que le nouveau maître cubain, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a appelé à maintenir la ligne du parti communiste cubain.

« Nous ne sommes au courant de rien, nous n’attendons rien », lance avec amertume un religieux français présent depuis plusieurs années dans l’île. « Ou plutôt, nous attendons toujours les mêmes choses ! »

Depuis une dizaine d'années, les catholiques cubains attendent des assouplissements concrets de la part du régime communiste, en particulier pour pouvoir construire des églises. En mai 2015, le pouvoir cubain a autorisé la construction d’une paroisse à Sandino, ville côtière de 40 000 habitants à l’extrême ouest de l’île. Une première depuis la Révolution de 1959.

La construction de cette nouvelle paroisse a été rendue possible grâce au soutien financier d'une paroisse en Floride, où réside une importante communauté d’exilés cubains. D’autres constructions d’églises à La Havane et à Santiago devaient être lancées en 2017. Mais l’accès à la propriété pour l’Église, reste toujours très long et très complexe.

Des obstacles à franchir

De même, si les prêtres à Cuba se disent moins surveillés et davantage tolérés depuis quelques années, ils restent confrontés à toutes sortes de difficultés administratives. Notamment pour faire venir de l’étranger des bibles, des livres de chants ou des manuels de catéchisme. Quant aux fonds en provenance de l’étranger, ils sont strictement réglementés et ne peuvent être acceptés qu’après autorisation délivrée par le Bureau des affaires religieuses (ORA), organisme du Comité central du Parti communiste cubain. L’Église cubaine aimerait aussi pouvoir créer et développer ses propres médias ( radios diocésaines et sites Web). Pour l'instant, les indicateurs sont toujours dans le rouge. Mais le souhait majeur de l’Église catholique cubain serait de pouvoir rouvrir des écoles catholiques. Car , depuis 1961, et l'étatisation de l'éducation publique, les collèges catholiques et autres institutions privées ont disparu.

Pallier les carences gouvernementales

Paradoxalement, le rôle de l’Église est implicitement reconnu dans tous les secteurs sociaux pour pallier les carences gouvernementales. Depuis les années 1990, l’État castriste s’étant désengagé du service aux personnes, faute de moyens, ce sont essentiellement des établissements catholiques qui prennent en charge les personnes handicapées, les personnes à la rue et les personnes âgées. D’ailleurs, l’Église catholique reste la principale organisation non étatique tolérée. Le dialogue entre L'Eglise et les autorités cubaines a connu deux temps forts avec les voyages à Cuba du pape François, en septembre 2015, où il s’était entretenu avec Raul Castro, puis en février 2016, où il avait rencontré, à la Havane, le patriarche Kirill de Moscou et signer une déclaration commune. Ces deux visites ont renouvelé l’espoir que l’Église puisse, un jour, rétablir son rôle dans la société cubaine.

S.D. avec La Croix
Catégorie : International

Dans la même catégorie