L’économie se porte mieux et le marché de l’emploi est plutôt prometteur en Belgique comme en Europe. Par ailleurs, le Bureau du Plan prédit un renforcement de la croissance économique dans notre pays en 2018, avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,8%. Sur le plan du chômage, il est en recul de 1% dans l’Union européenne, et chez nous, l’emploi continuera également de progresser de l’ordre 1,2% selon ses dernières analyses publiées en vue du prochain contrôle budgétaire du gouvernement. Notons que le renforcement de la croissance en Belgique sera essentiellement dû cette année à une hausse du pouvoir d’achat de 2,1% en 2018. Voilà qui est réjouissant.
Alors? "Tout va très bien, Madame la Marquise?" Pas vraiment. D’abord, il ne faut pas oublier que certains de nos concitoyens connaissent une précarité toujours plus grande et donc que la fracture sociale s’accroît. Mais on constate surtout une contradiction interpellante. Malgré ces nouvelles positives, le moral des Belges est toujours en berne. Globalement, la morosité est importante parmi toutes les couches de la population. Les actifs craignent pour leur emploi et leur retraite, les personnes âgées s’inquiètent de la fragilité de leur pouvoir d’achat, de l’augmentation du prix des soins de santé et de leurs conditions de vie. Quant aux jeunes, beaucoup n’ont qu’une idée: partir travailler à l’étranger, parce qu’ils éprouvent comme un sentiment d’étouffement. Tous ces facteurs renforcent l’incertitude quant à l’avenir. Sans oublier des législations toujours plus contraignantes qui, même si elles se justifient dans certains cas, donnent l’impression de restreindre nos libertés. Ajoutons à cela le contexte sécuritaire et la crise migratoire: nous avons là tous les éléments d’un cocktail détonnant! Avec pour conséquence que, face à la peur de l’avenir, la tentation est forte de trouver des boucs émissaires. Jamais, depuis la Seconde Guerre mondiale, les actes racistes n’ont été aussi élevés en Europe: agressions antisémites, propos raciaux sur les terrains de foot à l’encontre de joueurs d’origine étrangère, islamophobie, profanation de cimetières et dégradations de lieux de culte chrétiens… Ainsi, entre 2008 et 2016, les atteintes aux sites chrétiens ont augmenté de 245% en Europe!
Ces faits traduisent un rejet de ce qui apparaît aux yeux de certains comme les causes du mal-être qu’ils ressentent. Ils sont comme un poison qui s’insère lentement dans les veines. Il est urgent donc de redonner de l’espoir à la société, de rassurer les jeunes afin qu’ils restent actifs dans nos pays, ce qui ne les empêche pas de faire leurs armes à l’étranger. Sans cela, notre modèle de société, notre mode de vie et notre prospérité sont en danger.
Jean-Jacques DURRÉ
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