Les fêtes de fin d’année sont toutes proches. L’occasion de se retrouver en famille ou entre amis et de pouvoir mettre de côté, le temps de cette période, les aléas de la vie, les soucis, les moments moins bons que nous avons vécus en 2017. Bref, nous serons nombreux à faire la fête et c’est légitime. Nous avons tous besoin de ce temps d’arrêt, pour prendre du recul et se poser. Pour réfléchir aussi sur nous-mêmes. Il n’y a aucune honte à profiter des beaux et bons moments de la vie.
Au terme d’une année, il est aussi bon de faire un bilan. Et, force est de constater que s’il y a eu des avancées significatives dans bien des domaines, comme la lutte contre Daech, il reste encore et malgré tout des points noirs: conflits, massacres, inégalités croissantes, faim, accroissement de la pauvreté, migration... Sans oublier la politique du repli sur soi qui a tendance à se généraliser. Elle entraîne aussi la tenue de discours démagogiques et la montée de partis extrêmes. Il y a quelques jours, l’extrême droite a fait son entrée dans le gouvernement autrichien, sans qu’il n’y ait de réactions particulières. Or en 1999, lorsque le FPÖ avait déjà participé au gouvernement de l’Autriche, cela avait provoqué un véritable tollé, avec, pour conséquence, la mise à l’écart de Vienne par ses pairs de l’Union européenne.
La banalisation de faits extrêmes ou anormaux est le plus grand danger qui guette nos démocraties. Ainsi en va-t-il aussi des migrants. On ne voit que le côté négatif de la migration et pas l’apport que celle-ci a sur nos économies et nos sociétés. A l’occasion de la Journée internationale des migrants organisée par l’ONU, le 18 décembre, le président du Samu social International et co-
fondateur de Médecins sans frontières, invitait chacun d’entre nous à accueillir ces personnes fuyant la guerre, la misère ou la faim. Il encourageait à leur ouvrir nos portes et notre cœur. Le thème choisi pour 2017 était "Migrations sans danger dans un monde qui bouge". Pour les Nations Unies, cette journée est l’occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination. "Les migrations sont une réalité incontournable. De nombreuses raisons amènent les gens à se déplacer – que ce soit pour étudier à l’étranger, rejoindre des membres de la famille, chercher un emploi ou des moyens de subsistance, ou assurer un meilleur avenir à leurs enfants", a estimé le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, rappelant que "d’autres quittent leur pays pour fuir la criminalité, la violence, les conflits, la persécution, l’insécurité, la discrimination, les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement, ou encore la pauvreté".
Tous ces éléments nous incitent à ne pas laisser tomber les bras. Là où nous sommes, nous pouvons, à notre manière et avec nos moyens, contribuer à un monde plus juste, et plus solidaire, afin qu’un jour plus personne ne reste au bord du chemin. Utopie? Peut-être, mais comme le souligne le pape François, "n’oublions pas que les utopies font grandir".
Joyeux Noël!
Jean-Jacques DurrÉ
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