« Assis sur une caisse de nitroglycérine »


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« Assis sur une caisse de nitroglycérine »
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Une opinion de Paul Dembinski, directeur de l’Observatoire de la Finance à Genève, publiée dans le quotidien économique L’Echo, était intitulée "Le sentiment d’être assis sur une caisse de nitroglycérine…" L’auteur y traitait de la crise financière de 2007, en précisant que dix ans plus tard, les banques avaient fait les mêmes erreurs et que donc, le risque de voir une nouvelle crise financière éclater, est bien réel. Il écrivait que "le sentiment d’être assis sur une caisse de nitroglycérine (…) n’incite ni à la sérénité ni aux décisions de long terme". Et il poursuivait: "On le constate aussi bien dans les relations internationales que dans les rapports humains quotidiens qui semblent se tendre de jour en jour".

Cette dernière phrase interpelle à plus d’un titre. Si l’on observe autour de nous, nous pouvons effectivement constater à de nombreuses reprises que, dans notre monde globalisé, jamais les rapports n’ont été aussi difficiles. Les exemples ne manquent pas. Outre, le bras de fer dangereux entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, il y a aussi le contentieux "écologique" entre l’Oncle Sam et le reste de la planète. Que ce soit en Afrique, en Amérique du sud et même en Europe, jamais la tentation du "moi d’abord" - "America first" comme dit Donald Trump - n’a été aussi forte. Même au sein de l’Union européenne, sans doute la plus belle réussite politique de l’après-guerre, les tiraillements entre Etats membres sont monnaie courante. Sans oublier la crise migratoire qui divise et renforce les replis sur soi.

Cette situation pose la question de savoir si la recherche du bien commun reste la priorité des dirigeants et de chacun de nous. Il est temps que le monde se pose et entame une véritable réflexion commune, au-delà des différences, des opinions et des divergences, sur l’avenir de la planète et les réponses à apporter aux défis qui se posent à elle. Utopie? Non! L’Organisation des Nations Unies peut parfaitement initier ce grand chantier. Quant à nous chrétiens, nous sommes invités à travailler dans ce sens: briser les tensions que parfois nous entretenons au sein de nos familles, entre amis, voisins ou collègues. Une goutte d’eau, certes, mais combien positive. Les solutions ne sont possibles qu’à condition d’écouter, de partager et de travailler à renforcer ce qui nous rapproche plutôt que ce qui nous éloigne! C’est ce que font le pape et l’Eglise au travers du dialogue interreligieux.

Jean-Jacques Durré

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