Les élections présidentielles en France ont mis en lumière la fracture que vit la société actuelle. Ce qui est vrai chez nos voisins d’Outre-Quiévrain, l’est également chez nous et dans nombre de pays occidentaux, surtout européens. La situation économique, la montée du chômage, mais surtout l’incertitude face à l’avenir, sont autant de facteurs qui peuvent pousser des personnes à voter pour des partis politiques extrêmes, de droite comme de gauche. Il faut dire que leur discours est simple – simpliste surtout – dont le thème est le même: "Vous avez peur, avec nous vous serez protégés". Qui n’a pas envie d’être rassuré face aux défis qui se posent à l’Humanité tout entière? Les paramètres, qui ont régi le monde jusqu’il y a peu, ont volé en éclats, créant ainsi une période d’incertitude voire d’angoisse, de rejet du passé et de la classe politique traditionnelle, jugée incompétente pour ne pas avoir réussi – du moins à leurs yeux - à juguler le chômage à défaut de le diminuer, à réduire les inégalités sociales, à relever les défis. Jean Tirole, prix Nobel d’économie 2014, est très clair à ce sujet: "Ce sont les défis anxiogènes, dont le chômage et l’immigration qui font voter populiste. Mais le changement pour le changement est extrêmement dangereux." De fait, vouloir changer à tout prix est louable, mais se tourner pour cela vers des partis extrémistes, qui promettent la lune en sachant qu’ils ne pourront pas la décrocher, est un jeu dangereux.
En choisissant massivement d’élire un jeune à la tête de la république, les Français ont peut-être mis le "halte-là" à la montée des partis populistes et démagogues, qui avaient marqué les élections en Autriche, aux Pays-Bas, voire en Grande-Bretagne avec le vote en faveur du Brexit.
Face à ce climat, il nous faut nous interroger sur l’avenir. Y croire avec espérance même si l’on peut envisager – et redouter – des soubresauts difficiles à traverser. Notre avenir est européen. A ce jour, la construction de l’Union européenne, quelques années après une guerre qui avait ravagé le continent et dressé les peuples les uns contre les autres, reste l’une des plus belles réussites politiques du XXe siècle. Certes, tout n’est pas parfait et ne fonctionne pas comme on aimerait que ce soit. Mais faut-il pour cela jeter ces acquis aux poubelles de l’Histoire? Bien sûr que non. A nous de croire résolument en l’avenir. Un des grands atouts que nous avons est la jeunesse. Elle est avide d’un monde différent, plus humain, plus solidaire. Aidons-la à le créer en l’encourageant.
Jean-Jacques Durré
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