Six ans après le début des conflits en Syrie, Handicap international inaugurait mercredi dernier une exposition en plein air qui prend place dans le centre de Bruxelles jusqu'au 4 avril. En douze panneaux, des images fortes montrent la vie des civils syriens, après les bombardements.

(c) Cathobel
Ils sont debouts, malgré tout. Les visages des enfants, des hommes et femmes affichés place Albertine à Bruxelles, près de la gare centrale, se tiennent dignement, le regard planté dans celui du spectateur. Depuis son inauguration mercredi 15 mars dernier, ces panneaux d'exposition plantés par Handicap international (H.I.) au cœur d'un axe de passage de la capitale belge font mouche. Les passants s'arrêtent quelques minutes pour fixer et détailler les photographies, puis lire les trois lignes d'explications (en français, néerlandais et anglais) qui figurent au dessous. Ils peuvent éventuellement se renseigner davantage sur la situation de ces rescapés civils de Syrie via leur smartphone en scannant le code QR prévu pour cet effet.

(c) Handicap International
Cette exposition est née à l'initiative d'un photographe habitué à couvrir l'actualité de ce conflit qui sévit en Syrie depuis six ans. Philippe de Poulpiquet, qui ne peut plus se rendre sur place pour des raisons de sécurité, s'est demandé comment continuer de rendre compte de ce qui se passe dans cette région du monde d'où fuient des millions de personnes. Il a pris le parti de montrer la vie qui se reconstruit après les bombardements. Chaque personne photographiée a pris le temps de raconter son histoire à Philippe de Poulpiquet, puis de prendre la pose dans une tenue où il se sent digne. "Ils m'ont donné une leçon de vie, raconte le photographe. Ils sont restés souriants malgré leurs conditions de vie misérables, et les séquelles physiques et psychologiques qu'ils ont subis."
Mélanie Brouquet, qui coordonne l'action d'Handicap international dans cette région (Jordanie, Liban et Syrie) confirme: "Ils vivent avec une peur permanente depuis cinq ou six ans. Certains ne dorment plus." Les bombardements touchent malheureusement de trop nombreux civils, les hôpitaux, les écoles et les zones d'habitations sont visés. Les Syriens ne se sentent donc plus en sécurité, et ce pour un long moment. La collaboratrice d'Handicap international explique: "Si les engins n'explosent pas sur le coup, ils deviennent une menace permanente. Nous devons apprendre aux enfants notamment à se méfier de tout ce qui pourrait se révéler être explosif." L'exposition visible place Albertine à Bruxelles porte aussi l'ambition d'inciter les passants à signer la pétition d'H.I. demandant "Stop aux bombardements civils".
A.-F. de Beaudrap
Exposition "Bombardés, histoires de vies à reconstruire" à découvrir jusqu'au 4 avril. Les photographies sont aussi accessibles sur le site https://bombardes-hi.org
