Depuis quelque temps, nous assistons à ce qui m’apparaît comme un élément pouvant, à terme, devenir nocif pour la société et pour la bonne compréhension de l’actualité. Les médias donnent la parole à des "spécialistes" en tous genres, de l’expert en contre-terrorisme au philosophe en vogue, en passant par des personnalités qui interviennent sur des sujets qui ne les concernent pas. Qu’on me comprenne bien: il ne s’agit pas d’interdire l’antenne ou des interviews dans les journaux à quiconque. La liberté de la presse est un élément-clé de la démocratie. L’information permet à chacun d’avoir un éclairage sur l’actualité ou des éléments de décryptage de celle-ci. Mais lorsque des propos sont tenus, il importe que les journalistes les reflètent correctement ou, le cas échéant, qu’on y oppose un contradicteur. Ainsi, samedi dernier, le philosophe Michel Onfray, celui qu’on qualifie de "philosophe le plus écouté" de l’Hexagone, et dont on dit qu’il "secoue la France", était invité sur France2. Il est évidemment revenu sur ce qui est son "dada", à savoir que Jésus n’a jamais existé. Histoire de faussaires pour lui. Ce qui m’inquiète, c’est que les journalistes présents n’ont pas pensé à lui demander sur quelles preuves scientifiques il se basait pour affirmer une telle ineptie. Hélas, là où Michel Onfray passe, "on boit ses paroles", comme l’a dit un jour un présentateur télé!.
Autre cas intéressant, c’est la récente venue des représentants de la Conférence épiscopale de RDC (voir page 5). La formulation de certaines questions de confrères induisait une réponse qu’ils espéraient entendre. Mais les évêques ont été très clairs, ce qui n’a pas dû plaire à certains, puisque, des journalistes ont fait l’impasse sur les propos des évêques!
Enfin, lorsqu’on a le courage de regarder ou d’écouter des interviews et débats politiques sur les grandes chaînes de télévision, je suis abasourdi de voir les interlocuteurs - au demeurant trop nombreux vu le temps imparti - s’apostropher avec véhémence, rendant les propos incompréhensibles.
Loin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur la presse. Mais elle doit faire son autocritique. Les jeunes n’achètent plus de journaux et, selon les derniers sondages, la majorité d’entre eux ne regardent plus la TV. Ils s’informent via les réseaux sociaux, avec les risques de manipulation et de dérives qu’on connaît. Il faut plus que jamais revoir les critères et ne plus faire la course à l’audimat. Sinon la dangereuse glissade conduira à la sortie de route!
Jean-Jacques Durré
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