… qu’un monde plus fraternel est en train de se construire, malgré les apparences. Naïveté? Angélisme? Non: réalisme! Regardons autour de nous. On en conviendra, la société traverse plusieurs crises, d’une gravité importante. Crises migratoire, économique, d’exclusion, de confiance… Et pourtant…
Je suis frappé de voir combien cette période troublée est aussi l’occasion pour tant d’êtres humains, croyants ou non, de se mettre au service des plus faibles. Dans notre pays, nous approchons de l’hiver et les plans "grand froid" ont déjà été activés dans plusieurs villes, mobilisant des centaines de bénévoles qui vont à la rencontre de ceux qui sont à la rue, distribuant couvertures, repas chauds et apportant un peu de réconfort à ceux qui souffrent aussi d’un mal terrible: la solitude. Tous, nous avons déjà croisé des mendiants aux feux de circulation de nos cités. Ces personnes sont parfois utilisées par des réseaux mafieux, ce qui nous rend parfois mal disposés à leur donner une pièce. Mais, ne pas les regarder, faire semblant qu’ils sont "transparents" et qu’on ne les voit pas, c’est nier leur existence! Les bénévoles, par leur travail, apportent cette réponse qu’attendent bien souvent les exclus de la société: "Oui, tu existes". Et nous chrétiens, pouvons ajouter: "Dieu t’aime, tu vaux autant à ses yeux que n’importe quel habitant de cette planète. Il ne fait pas de différence." Aujourd’hui, le monde est ouvert. Jeunes et moins jeunes, conscients qu’ensemble nous pouvons construire des choses, ont fait de cette solidarité leur action, que ce soit lors de catastrophes naturelles ou dans des gestes quotidiens. A cet égard, le pape François a estimé récemment que la gratuité du bénévolat est un trésor non seulement pour ceux qui en sont les bénéficiaires, mais aussi pour ceux qui le pratiquent et pour l’humanité tout entière. Alors, oui, je crois fermement qu’un monde meilleur et plus solidaire se construit sous nos yeux, discrètement, grâce aussi à cette jeunesse qui constitue une force immense, qui dépasse les clivages des frontières, des options philosophiques ou politiques. Lors de l’angélus de dimanche dernier, le pape a déclaré qu’en "ce temps de l’Avent, nous sommes appelés à élargir l’horizon de nos cœurs". Il a insisté pour que nous ne nous laissions pas être dominés par les choses de ce monde, mais de plutôt chercher à les gouverner. C’est cela qui, aujourd’hui, fait précisément naître l’espérance de ce monde solidaire.
Jean-Jacques Durré
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