L'abbé Benoît Lobet, curé-doyen d'Enghien, a été remué par l'attaque horrible dans une église près de Rouen ce 26 juillet. Il développe son analyse sur son blog
Je suis effrayé de ce que je lis trop souvent sur les réseaux sociaux - en particulier sur Facebook : ce rejet de l'autre parce qu'il est autre, cette volonté de l'exclure, cette stigmatisation commode et malhonnête d'une communauté religieuse particulière.

(c) jmj.be
Ce qui se passe, c'est la conjonction malheureuse d'un extrémisme terroriste, une idéologie radicale et manipulatrice, et d'une jeunesse déboussolée, chez nous, parce que son "intégration" n'a pas réussi dans la société. Le cocktail alors est explosif - c'est le cas de le dire : à des jeunes sans horizon, à des jeunes déçus ou exclus, on propose de se réaliser dans un fanatisme d'abord séduisant, puis suicidaire.
Il faut certes éradiquer l'intégrisme partout, dans toutes les religions et dans toutes les idéologies (il y a aussi un athéisme intégriste et potentiellement dangereux - on l'a vu dans un passé peu éloigné.) Mais il faut surtout s'interroger sur la capacité de notre société à proposer à tous, et en particulier aux jeunes, des perspectives de vie qui aient du sens, qui soient porteuses de paix, de fraternité, de justice. Je crois que le christianisme offre - ou peut offrir - cela, et qu'il n'est pas le seul. Des événements comme les JMJ qui se sont ouverts aujourd'hui à Cracovie peuvent aider de jeunes adultes à puiser ainsi dans la foi chrétienne ce qui va baliser, étayer leur existence encore toute neuve.

