Opinion: Files possibles


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Opinion: Files possibles
Par Anne-Françoise de Beaudrap
Publié le - Modifié le
2 min

TunnelDepuis plusieurs jours, les cheminots bloquent le trafic ferroviaire, les conducteurs TEC limitent le nombre de bus en circulation, les gardiens de prison empêchent une vie normale dans les centres pénitentiaires… La situation pourrait encore empirer. Pour le citoyen belge, cela donne la même impression qu'en conduisant à travers un tunnel routier. Avant d'y entrer, le conducteur peut encore (idéalement) choisir le moyen de se rendre d'un point A à B. Dans le monde politique, cela correspond aux périodes électorales où chaque citoyen peut indiquer (idéalement encore) vers quelle destination il veut se rendre et éventuellement quel moyen il veut employer pour cette route.

Quand le conducteur a fait le choix d'entrer dans le tunnel, parce qu'il veut se rendre dans cette direction et que l'infrastructure lui permet –normalement- d'éviter les feux rouges et autres carrefours, il doit s'en remettre pour une partie aux autres citoyens. Engager un véhicule dans un tunnel signifie de faire confiance dans les concepteurs de ladite infrastructure et aux ouvriers qui sont chargés de son entretien. Il est évident que ce point fait défaut à Bruxelles ces temps-ci, comme le montrent les fermetures de Stéphanie, Montgomery et partiellement Léopold II. Le conducteur est également contraint de composer avec l'attitude des autres véhicules qui circulent dans la même direction, espérant qu'ils soient pilotés par des personnes respectant autant que possible le code de la route.

Chacun est invité à montrer la même prudence et le même respect qu'il attend de ces compagnons de route: laisser une place pour ceux qui se rabattent d'une voie sur l'autre, respecter le rythme d'autrui en roulant à une vitesse raisonnable (et prévue par le code de la route)…. Quand la circulation est ralentie voire paralysée, chacun peut au moins éviter d'aggraver la situation en attendant les secours. Dans le cas de la Belgique quasiment en panne, ne pourrions-nous pas exprimer de manière plus constructive le malaise économique et social qui règne au sein du pays? Cela supposerait bien sûr de ne pas rester camper sur ses positions, de réfléchir aux enjeux des différentes générations et classes sociales du Royaume, et de trouver un compromis… Ce qui est habituellement la spécialité noir-jaune-rouge.

A.-F. de Beaudrap

Catégorie : En dialogue

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