Vous avez dit « projets » ?


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Vous avez dit « projets » ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le
3 min

130x142xJJD.jpg,Mic_.qU5pgXZdDV.jpg.pagespeed.ce.qU5pgXZdDVIl y a quelques semaines, un hebdomadaire belge publiait un éditorial intitulé "Vers le grand chaos". L’auteur y exprimait sa crainte de voir une jeunesse "déboussolée" finir un jour par se révolter pour tenter de mettre sur pied un nouveau type de société. Un peu à l’image de mai 68, mais en plus virulent. A première vue, cela paraît un peu exagéré, voire volontairement provocateur. Et pourtant…

Nous devons reconnaître qu’actuellement, il est bien difficile pour un jeune en quête d’idéal d’avoir une vue positive sur le monde dans lequel nous vivons. Aux côtés des divers conflits qui parsèment la surface du globe, nous nous sommes aperçus que la violence aveugle et barbare peut frapper au cœur même de nos villes, alors qu’on la croyait "réservée" aux pays instables. Allons-nous devoir marcher sur nos gardes, en portant un regard suspicieux sur ceux que nous croisons en rue? La génération d’après-guerre n’a jamais appris à vivre avec un sentiment de peur quasi-permanent et cela pèse sur la perception qu’ont nos concitoyens du climat actuel. De même, le discours sécuritaire - que l’on peut comprendre - contribue à alourdir le climat. Il suffit de passer à Bruxelles, près du Palais de Justice, pour avoir l’impression que la ville est en état de siège!

Pour nombre de jeunes, la société actuelle ne correspond plus à leurs attentes, car elle a annihilé presque tout sentiment d’espérance. C’est en tout cas l’impression que la jeunesse ressent. Il est vrai que tout donne à penser que notre société semble privilégier le repli sur soi, l’exclusion, le rejet de l’étranger et de l’inconnu, etc. On y parle d’austérité, d’économies, de taxes, d’obligations diverses, sans parler de la pauvreté croissante au sein de notre population.

Certes, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable ou être "angélique". La situation est difficile et il est nécessaire de prendre des mesures structurelles pour gérer le futur. Mais… jamais, le mot "projet" n’est mentionné. On nous parle bien sûr d’avenir, mais il nous paraît si lointain et atteignable après de nombreux sacrifices qui perdurent depuis des années. Or, notre monde a besoin d’idéal et d’objectifs. Nos jeunes aussi. Comme ils ont besoin de rêver et d’avoir des projets. Quand le climat est dur, mais que l’on est motivé par un but à atteindre, les efforts indispensables sont plus facilement acceptés. Mais quand aucun but ne se profile…

Une société sans projet et sans idéal est sans avenir. L’absence de but, la résignation, l’indifférence ou le désespoir conduisent inexorablement au chaos et à la révolte. Il faut y prendre garde.

Jean-Jacques Durré
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