La loi sur l'euthanasie pourrait-elle être révisée? En particulier son volet "souffrance psychique"? Plusieurs cas d'euthanasie douteuse, révélés dans la presse ces derniers temps, le laissent penser. Le comité de bioéthique va se prononcer sur la question ce mardi.
Une maladie purement psychique peut-elle être jugée incurable au point de conduire au geste d’euthanasie? La question divise toujours les experts. Ce qui n'a pas empêché qu'en Belgique, les cas d'euthanasie pour causes psychiques soient admis. Ils représentaient environ 3% des quelque 2.000 euthanasies déclarées en Belgique en 2015.
Pour bon nombre de spécialistes de la question, la maladie psychique est en effet par essence une maladie pour laquelle on n’a pas tout essayé si on n’est pas parvenu à soigner le patient. Dans les colonnes du journal Le Soir, la professeure Ariane Bazan explique ainsi que l'incurabilité d'une souffrance psychique ne peut être attestée sur la base de critères démontrant la maladie (telles que des lésions organiques ou des dommages de tissus). Sans pour autant nier cette souffrance psychique, la professeure précise qu' "on ne peut se baser que sur la parole de celui qui souffre pour estimer son incurabilité".
Des révélations parues dans la presse ces derniers mois laissent penser que, malgré l'avis de trois médecins indépendants nécessaires pour valider une euthanasie, on est allé "un peu vite" pour accéder à des demandes de mourir de gens désespérés, sans qu'une nouvelle offre de soins leur soit proposée. Et début février, à la suite d'un témoignage glaçant, diffusé sur la chaîne de télévision flamande Canvas, le CD&V a demandé une révision de la loi sur l’euthanasie.
En avril 2011, le cas d'un couple âgé qui avait obtenu une "double-euthanasie" (lui en raison d'un cancer en phase terminale, elle pour divers maux liés à son âge - 78 ans - et parce qu'il lui était inenvisageable de continuer à vivre sans son mari), avait conduit à la saisine du Comité consultatif de bioéthique. Son avis sur la manière dont la Belgique pratique légalement des euthanasies pour motif psychique pourrait aboutir à une modification de la loi: pour exiger des balises supplémentaires en matière d'euthanasie pour cause de douleur psychique voire exclure les motifs psychiatriques.
P.G.
