Lancée en 2012 la série "Ainsi soient-ils" entame ce soir sa troisième et dernière saison. Des cinq "héros" séminaristes du départ, ils ne sont que trois à avoir été ordonnés prêtres. Pour ces derniers, c'est désormais le moment de l'envoi en paroisse.
Ce n'est sans doute pas la série la plus populaire de la télé mais elle ne manque pas de qualité et surtout d'originalité. Une fiction osant aborder de front la question de la foi en s'intéressant aux parcours de cinq jeunes séminaristes sort tellement du cadre des émissions télé d'aujourd'hui… quelle audace! Il est vrai que c'est Arte qui produit et diffuse la série, une chaîne plus réputée pour l'exigence de sa programmation que pour sa course à l'audimat. Mais, divine surprise quand la première saison s'est terminée: 1,4 million de téléspectateurs français l'avaient regardée!
Pourtant, "Ainsi soient-ils" avait essuyé pas mal de critiques venues d'une partie du monde catholique. On lui a reproché ses stéréotypes (les églises vides et froides, les manœuvres au Vatican…), des situations peu crédibles et surtout une tonalité bien noire que ne compensait pas la bienveillance à l’égard des séminaristes. Pour une fois qu'il était sous les feux de la rampe, le clergé aurait préféré un peu plus de lumière dans le récit! Mais les critiques se sont adoucies. Peut-être parce que le public, des croyants comme des non-croyants, a préféré sourire de ces situations caricaturales (quelle série télé sait s'en passer?) et que les vertus narratives de cette fiction sont indéniables. Le scénario a su aborder les questions liées à l’engagement, à la foi et au dogme quand ils se heurtent au monde actuel, et il est servi par d'excellents acteurs.
Audiences en baisse
Malheureusement, les bonnes audiences du démarrage n'ont pas suivi pour la saison 2: seulement 630.000 téléspectateurs. La saison 3 qui démarre ce soir sera donc la dernière. On y retrouvera trois des cinq séminaristes du départ: Yann, Guillaume et José. Désormais prêtres, ils vont être accueillis dans leurs nouvelles paroisses et chacun d’eux va devoir lutter contre les évidences, les faux-semblants et les secrets pour se montrer à la hauteur de l’idée qu’il se fait de sa vocation. Tandis que Mgr Poileaux (Jacques Bonnaffé), président, sur le départ de la Conférence des évêques de France, se verra confier une mission secrète par le père Fromenger qui pourra le mener jusqu’au Vatican… Il y aura donc (encore!) des intrigues propres à alimenter le suspense mais aussi de beaux et lumineux moments d'émotion. Et nul doute qu'il sera difficile de quitter tous ces personnages auxquels on s'était attaché et qui nous ont permis de croire… à la télé de qualité!
P.G.
Jeudi à 20h50 sur arte (épisode 1 et 2)
