Des collections jésuites sous les projecteurs


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Des collections jésuites sous les projecteurs
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

(c) J-M Vandyck MRAC TervurenEn raison des travaux de rénovation en cours au musée royal de l’Afrique centrale, les collections voyagent… Ainsi en est-il d'une exposition consacrée aux masques, présentée au musée BELvue.

Les masques et les différents objets exposés, de cette sélection "Masques Géants du Congo", ont pour caractéristique commune d'avoir été collectés par des missionnaires jésuites francophones et néerlandophones de Belgique en République Démocratique du Congo, entre la fin des années 1910 et 1950.

Un intérêt ancestral

Les liens historiques unissant les jésuites avec l’Afrique centrale sont très anciens. Dès la première moitié du XVIe siècle, des membres de l'ordre débarquèrent en terre kongo à Mpinda. En 1893, la Compagnie de Jésus s’implanta dans l’Etat indépendant du Congo avec la création de la Mission du Kwango. La Compagnie de Jésus se distingua par l’intérêt porté par nombre de ses membres pour différentes sciences: la botanique, l’archéologie, l’histoire, la linguistique ou bien encore l’ethnographie. Durant toute la période coloniale, plusieurs jésuites-chercheurs basés au Congo entretinrent des relations avec le musée de Tervuren via l'envoi d’objets ou de documentation de terrain qui complétèrent les données des chercheurs de l’institution et favorisèrent ainsi les travaux ethnographiques muséaux. Dans les années 1920, les jésuites créèrent à Louvain-Heverlee un musée de Missiologie pour accueillir une partie de leurs collectes. En 1998, le musée de Tervuren reprit, à titre de dépôt, la gestion physique de la collection muséale missionnaire. La réunion actuelle des collections jésuites de Tervuren et d’Heverlee forme un patrimoine inestimable pour la recherche africaniste nationale comme internationale.

Un rituel d'initiation

L’exposition présente un ensemble de masques utilisés lors du mukanda (initiation masuculine) chez les Yaka et les Suku, des populations du sud-ouest de la RDC. Cette institution exclusivement masculine était destinée à intégrer les adolescents au sein du monde adulte. A l’ouverture d’une session, les jeunes garçons étaient emmenés dans une enceinte isolée en brousse où ils subissaient la circoncision; puis durant les nombreux mois que durait cette retraite, ils étaient préparés à leur future vie d’adulte. Souffrant de privations et de brimades, ils apprenaient à chasser, recevaient une instruction sexuelle, et surtout s’exerçaient à danser les masques. Le retour au village était en effet ponctué par des danses masquées publiques. L’un des enjeux essentiels était d’assurer la fécondité des jeunes garçons. Lors de la clôture, les danseurs masqués s’identifiaient aux ancêtres et à leur force vitale, et le rythme qui scandait les danses contribuait à ranimer et raffermir ce pouvoir fécondant qui assurait le passage d’une génération à l’autre.

A. T.

L'exposition "Masques Géants du Congo" est visible jusqu'au 8 novembre 2015, au Musée BELvue, place des Palais, 7 à 1000 Bruxelles – tél. 02. 500 45 54 – www.belvue.be

Catégorie : Belgique

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