Opinion : « Je ne suis pas devenu complètement foot »


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Opinion : « Je ne suis pas devenu complètement foot »
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

foot en feu webCe jeudi, le Sporting de Charleroi rencontre les Israéliens du Beitar Jerusalem en deuxième tour préliminaire de l'Europa League. Un jour avant le match, les supporters des deux clubs se sont déjà rencontrés…

Fin juin 2015, l'heure est à la fête pour les supporters de Charleroi: leur équipe a obtenu son ticket pour "jouer l'Europe". "Un moment historique, magnifique" se réjouissait alors un fan du club carolo. Un mois plus tard, c'est pour s'être bagarrés dans un café du boulevard Tirou, à Charleroi, que les supporters font les titres dans nos quotidiens. "D'après le porte-parole de la police de Charleroi, David Quineaux, des fans de l'équipe de Charleroi auraient provoqué des supporters israéliens dans le café Leffe, au centre ville. L'incident aurait dégénéré en bagarre, et un supporter israélien aurait été légèrement blessé", rapporte le site de la RTBF. Triste image qui ne traduit en rien la joie de toute une région ni la fierté et l'enthousiasme que peut susciter le sentiment d'appartenance à une équipe. Dans le même temps, La Libre consacre un article au noyau dur du club israélien qui s'apparente à une organisation criminelle. Elle titre "La Familia, les hooligans racistes du Beitar Jérusalem". On y apprend qu'un millier de supporters israéliens prendront place dans le stade de Charleroi et que, parmi eux, se cache une frange extrême de supporters issus du nationalisme israélien et membres du Likoud ou de divers partis de droite. De quoi ne pas rassurer les forces de l'ordre pour le match de ce soir. Le slogan favori de "La Familia", précise La Libre, est "Mort aux Arabes". Et leur habitude est d’étendre dans la tribune son immense drapeau flanqué de la mention "Beitar pur pour toujours". Un comportement pitoyable que le monde international du football déplore mais face auquel les dirigeants du club de Jérusalem restent impassibles.

Que reste-t-il du bon vieux ballon rond?

foot ballonSans être supporter d'un club en particulier, j'aime le foot. Ce sport me procure une exaltation plus intense que d'autres disciplines. Pourtant, ces derniers mois, il est principalement source de désillusion. Comportement et déclarations des membres de la FIFA, transferts et salaires de joueurs aux montants indécents, attitude de certains supporters… le football semble s'éloigner toujours plus des valeurs qui construisent une société juste et respectueuse. Un simple exemple: ce 14 juillet, la Fédération russe de football (RFU) a indiqué avoir mis fin au contrat de l'Italien Fabio Capello, en tant que sélectionneur de l'équipe nationale. Celui-ci aurait perçu une indemnité de départ estimée à 15 millions d'euros. "15 millions d'euros!!!, c'est comme si il avait gagné à Euromillions", ai-je directement pensé. Deux jours plus tard, je ne parviens toujours pas à réaliser comment on peut justifier un tel montant pour un licenciement. J'entends d'ici les plus résignés me rétorquer: "C'est comme ça, le foot est pourri par l'argent, on n'y peut rien". C'est sans doute là l'erreur: admettre un système qui ne nous correspond pas, qui ne nous représente pas, c'est l'accepter implicitement. "Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers", écrivait Stéphane Hessel dans son manifeste "Indignez-vous". Aujourd'hui, j'ai choisi par ces quelques lignes d'exprimer mon indignation. Il faut toujours un premier pas…

Manu VAN LIER


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