L'association Amnesty International a rendu public des images satellites qui montrent l'étendue des attaques orchestrées par les extrémistes de Boko Haram dans les villes de Baga et Doron Baga. 3.700 structures auraient été ravagées lors des attaques perpétrées depuis le 3 janvier 2015.
« Ces images détaillées donnent à voir une destruction d’une ampleur catastrophique dans deux villes, dont l’une a quasiment été rayée de la carte en l’espace de quatre jours », a déclaré Daniel Eyre, spécialiste du Nigeria à Amnesty International.
« Sur toutes les attaques de Boko Haram analysées par Amnesty International, celle-ci est la plus massive et la plus destructrice à ce jour. Il s’agit de violences délibérées contre des civils, dont les maisons, centres médicaux et écoles sont désormais des ruines calcinées. »
Lors des tueries, des milliers de personnes auraient réussi à s'échapper vers le Tchad ou dans d’autres zones du Nigeria. Un afflux de personnes déplacées et de réfugiés qui ne cesse de croître, rendant la qualité de l'accueil humanitaire de plus en plus périlleux pour les gouvernements nigérian et tchadien.
Une femme rescapée rapporte avoir vu des cadavres "à perte de vue", alors que les hommes de Boko Haram tiraient "à l'aveugle" sur tous, y compris les enfants et une maman en train d'accoucher. Selon les témoins, les extrémistes s'en sont pris à des populations soupçonnées de collaborer avec les forces de sécurité.
Amnesty International estime que "l’homicide délibéré de civils et la destruction de leurs biens par Boko Haram sont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, et doivent faire l’objet d’enquêtes".
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A. T. (avec Amnesty International)

