Stressez-vous ?


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Stressez-vous ?
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

étudiante"Si tronche au volant, pépin au tournant". La nouvelle campagne de l'IBSR fait sourire les conducteurs, gentiment rappelés à l'ordre. Pourtant, les admonestations sont nombreuses en cette époque où bon nombre de gens se plaignent d'épuisement et de stress au travail. Le stress, voilà l'un des éléments-clefs du mal-être perceptible dans notre société. Même les enfants se disent stressés par le rythme de leurs activités extrascolaires.

Comment en est-on arrivé là? Qu'est-ce qui pousse les gens dans leurs retranchements? La productivité, la peur de perdre son emploi, une frénésie à la consommation sont quelques-unes des réponses avancées. Mais ce qui est le plus étonnant, c'est que cette pression ne touche pas les seuls employés, elle a également un impact sur leurs dirigeants, comme le rappelle le suicide de patrons français récemment médiatisé.

Les travaux de Lazarus et Folkman s'avèrent éclairants sur le sujet. Ils soulignent différents facteurs qui accroissent le phénomène de stress chez les dirigeants, comme la solitude liée à leur fonction, l'incertitude, la pression de l'enjeu, la surcharge de travail, la saturation cognitive, un manque de reconnaissance et un mode de vie peu équilibré, qui se traduit dans l'alimentation, un manque récurrent d'activités physiques et de sommeil, etc.

Le stress a un coût sociétal

L'excès de stress génère des absences au travail, coûteuses pour les entreprises, comme l'observe Securex dans sa dernière enquête. Selon celle-ci, deux tiers des Belges se sentent stressés au travail, soit 18% en plus en seulement quatre ans. Une mauvaise gestion du stress induit des soucis d'ordre physique et psychologique, avec une diminution des "performances" et trois fois plus de jours d'absence pour congé maladie! En Wallonie, c'est dans la province du Hainaut que ces chiffres de mal-être au travail sont le plus criants, avec 41% des travailleurs qui se disent (trop) stressés. Le fait de travailler dans une région où le chômage est important renforcerait le stress de ceux qui connaissent la précarité de l'emploi. Par ailleurs, les travailleurs heureux au travail sont enclins à postposer leur retraite. Une excellente nouvelle en ces temps de vieillissement accru de la population…

Le ministère du Travail a lancé une campagne de prévention sur les incidences négatives du stress. Deux pendants composent la démarche, avec un test (orienté!) sur les risques psychosociaux du stress et un guide pour les employeurs: www.sesentirbienautravail.be/

Employés, employeurs, un même combat!

Angélique TASIAUX

Catégorie : L'actu

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