Unis dans la diversité


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Unis dans la diversité
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

A FezLe voyage interreligieux au Maroc auquel participaient l'évêque de Bruges et l'évêque auxiliaire du Brabant flamand, s'est achevé ce 21 novembre. Reste maintenant à lui donner des prolongations en Belgique.

C'est à Fès que se déroula cette dernière journée d'étude. Au programme: la visite de deux synagogues, celle de la célèbre Bibliothèque de l’Université Al Quaraouiyine, considérée comme la plus ancienne université du monde islamo arabe, et à laquelle est associé entre autres le nom d’Averroès (XIIe siècle). La délégation s'est également rendue à la grandiose mosquée de Fès où elle fut accueillie par son recteur.
De retour à Rabat au soir du dernier jour de ce voyage, le groupe belge a encore rencontré le professeur Mohamed Amine Smaili, professeur d’études islamiques à l’Université Hassan II de la ville. Ce dernier expliqua que "le Maroc est une terre de tous les croyants, et nous faisons ensemble un travail pour que nous nous sentions unis. La famille d’Abraham a beaucoup de problèmes mais nous sommes de la même famille." Ce professeur qui a rencontré à de multiples reprises Jean-Paul II, et en a parlé avec beaucoup d’émotion, a donc invité, en guise de conclusion "à regarder l’homme, et non le Marocain."

"Les défis en Europe sont nombreux. Chaque religion seule ne pourra les relever"

Une parole qui doit trouver son écho en Belgique. A un des participants à ce voyage, d’origine marocaine, (mais domicilié en Belgique depuis 40 ans), le père Tommy Scholtes demandait, au moment du retour sur la Belgique, s'il n'avait pas de nostalgie à l’idée de quitter le Maroc, son pays d’origine. "Non", répondit-il, "parce que mes racines sont aujourd’hui en Belgique, et les fruits de ma vie sont en Belgique."
C'est aussi une des conclusions de ce voyage: ceux qui sont d’origine marocaine et qui sont domiciliés en Belgique, se sentent Belges. En même temps, leurs valeurs culturelles et religieuses sont marocaines et donc musulmanes. "C’est pour cela", fait remarquer Tommy Scholtes, "que le recteur de la mosquée Al Buraq de Malines organise chaque année une 'mosquée porte ouverte' pour que les voisins sachent ce qui se vit à la mosquée." A Malines, sur une population de 60.000 habitants, il y a 12.000 musulmans. Progressivement, une sorte de "conseil de fabrique" se met en place sur les questions financières.
Autre conclusion de ce voyage particulièrement enrichissant, celle du rabbin Guigui: "Nous avons vécu un dialogue plus fraternel dans l’Unité. C’est ce message qui doit nous accompagner. Les défis en Europe sont nombreux au niveau religieux. Chaque religion, seule, ne pourra les relever. Qu’on soit concerné directement ou non, il faut que nous puissions nous exprimer d’une seule voix, comme par exemple, sur la question de la circoncision ou d’autres questions où les religions sont concernées. Notre défi est d’être unis dans la diversité!"
Un défi que travaillent justement à relever plusieurs animateurs du KMS (Kerkwerk Multicultureel Samenleven) qui faisaient partie de ce voyage interreligieux. Dans différentes villes comme Gand, Anvers, Hasselt ou Malines, ils vivent déjà au quotidien ce "vivre ensemble" dont Mgr. Lemmens a pu rappeler combien il était partagé par tous les participants à ce voyage. De belle augure en vue de réfléchir à la manière de prolonger la rencontre, cette fois, en Belgique.

P.G./T.S.

Photo: Le rabbin Guigui et Mgr Lemmens aux côtés du recteur de l'université de Fès (T.S.)

Catégorie : Belgique

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