L'évêque de Bruges et l'évêque auxiliaire du Brabant flamand sont actuellement au Maroc dans le cadre d'un voyage d'étude interreligieux. But de cette visite: voir comment la cohabitation se passe dans ce pays entre les trois religions monothéistes, et en tirer des leçons pour une collaboration plus intensive en Belgique.
Lancée par la communauté islamique marocaine, cette idée de voyage a été accueillie avec enthousiasme par l'ensemble des représentants des trois religions monothéistes du pays. Plusieurs d'entre eux font d'ailleurs partie du groupe d'une trentaine de personnes, actuellement au Maroc, notamment le grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui, Mgr Leon Lemmens, évêque auxiliaire du Brabant flamand, Mgr Jozef De Kesel, évêque de Bruges, ainsi que les présidents des principales mosquées marocaines de Flandre.
Hier, les participants étaient à Casablanca où ils ont notamment visité la Mosquée Hassan II, le Musée juif et la Cathédrale du Sacré-Cœur. En soirée, le rabbin Guigui introduisait le groupe auprès du président des communautés juives du Maroc. "Tous les intervenants ont fait part de la tolérance effective et du respect de la mémoire juive", rapporte le père Tommy Scholtes, attaché de presse de la Conférence épiscopale de Belgique, qui ajoute que lors du dîner au cercle juif de Casablanca, "l'émotion ressentie, quant au caractère exceptionnel de rencontre, était palpable."
Ce qui compte, c'est le Vivre ensemble
Mardi 19 novembre, le groupe était à Rabat, capitale politique du Maroc. Il a notamment été reçu à la cathédrale Saint-Pierre (photo) par Mgr Landel, archevêque et prêtre du Sacré-Coeur de Betharram.
L'archidiocèse, sur lequel veille ce prélat d'origine française, compte trente prêtres, de différentes nationalités. Mais aucun n'est marocain. Chaque dimanche, environ 300 fidèles (d'origine sub-saharienne ou expatriés européens) se réunissent pour l'eucharistie. Une messe à forte sensibilité africaine et avec toutes les langues pour les grandes cérémonies comme pour les confirmations.
S'il n'existe pas de contacts officiels avec la communauté musulmane, Mgr Landel insiste cependant sur le vivre ensemble et la rencontre avec les marocains, tous musulmans. L'archevêque fait néanmoins partie du protocole officiel au Maroc et le roi le reçoit aux grandes réceptions officielles.
Quant aux questions délicates, comme par exemple les mariages entre un ou une chrétienne et un ou une musulmane, Mgr Landel explique qu'il s'agit d'accompagner, sans aucune volonté de prosélytisme.
La visite s'est ensuite poursuivie au Ministère des Affaires religieuses et au Conseil Supérieur des théologiens.
P.G.
Photo principale: Mgr De Kesel (à gauche) et Mgr Lemmens entourant l'archevêque de Rabat
