Prendre le temps


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Prendre le temps
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Jean-Jacques DurréEditorial de Jean-Jacques Durré, paru dans le journal "Dimanche" n° 38 du 3 novembre 2013.

Ce week-end se déroulait à Rome, dans le cadre de l’Année de la Foi, le pèlerinage des familles qui a réuni des dizaines de milliers de personnes durant deux jours. Et une fois de plus, le pape en a profité pour proclamer des paroles fortes. Interpellant aussi de voir ce souverain pontife rappeler quelques principes fondamentaux qui font que la cellule familiale reste le berceau de l’humanité. Cela devrait aller de soi. Et pourtant… Tant de familles sont aujourd’hui déchirées, séparées, recomposées. Certes, il ne s’agit pas de juger, de quel droit pourrait-on le faire ? Mais, lorsque la cellule familiale est brisée, c’est une blessure qui poursuit parfois des générations d’êtres humains. On en retire des sentiments négatifs: trahison, tristesse, impression de gâchis, ressentiments. Et là où rayonnait l’amour, on voit apparaître parfois la haine.

Dans notre société moderne, où tout doit aller vite, où "on n’a plus le temps de", où le divertissement familial se résume souvent à regarder la télévision, il est devenu impératif de se poser et de s’interroger sur ce qui est essentiel et prioritaire dans nos vies. Savoir s’arrêter pour simplement "booster" la cellule familiale dont les membres, tous occupés par diverses activités, risquent de finir par seulement cohabiter sous un même toit, ce qui reste le ferment idéal de la séparation. Bref, il faut se retrouver et, comme l’a souligné François, faire "rayonner la joie" de la famille.

Prendre le temps, c’est aussi vrai à l’égard des plus anciens. Le souverain pontife l’a aussi rappelé. "Une société qui abandonne ses enfants et marginalise les anciens se coupe de ses racines et assombrit son futur", a-t-il dit. Des paroles à méditer dans notre société occidentale où, le manque de temps (volontaire ou involontaire), nous amène parfois à négliger de se ménager des moments de dialogue avec les plus anciens. Il faut retrouver le temps du dialogue, car c’est souvent lorsqu’ils s’en vont que l’on ressent le vide que cela crée.

Mon propos n’est pas de vouloir jouer au moralisateur, rassurez-vous. Mais, je me rends compte que comme le temps file, il faut pouvoir faire des pauses. Pour redécouvrir des parcelles de bonheur, si petites qu’on ne les voit pas. Comme le dit un proverbe, ne pense pas au passé, tu l’idéalises par rapport à ce qu’il a été. Ne pense pas à demain, car tu l’assombris par rapport à ce qu’il sera, mais vis pleinement le moment présent car dans un instant, il sera passé…

Catégorie : En dialogue

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