Nobel de la Paix : un choix décevant


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Nobel de la Paix : un choix décevant
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

Jean-Jacques DurréEditorial de Jean-Jacques Durré, paru Dans "Dimanche" N°36 du 20 octobre 2013:

La semaine a été fertile en événements. Comment ne pas épingler la veillée mariale du week-end dernier, durant lequel le pape a consacré le monde au Cœur immaculé de Marie et invité la Vierge à garder notre vie entre ses bras. Un grand moment pour les catholiques, mais aussi pour l’humanité, au-delà de la foi. C’est avant tout une prière d’espérance que François a lancé.

Mais je voudrais m’attarder sur l’attribution du prix Nobel de la Paix, attribué à la veille du week-end à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Un choix autant surprenant que décevant. Certes, mettre les projecteurs sur une organisation méconnue, qui se trouve actuellement au cœur de l’actualité vu son intervention en Syrie, est important. Tant de gens accomplissent un travail considérable et sont souvent oubliés. Mais, le choix de l’OIAC est-il réellement cohérent avec l’esprit d’œuvrer pour la paix ? Cet organisme agit là où on lui demande d’intervenir et sans vouloir minimiser l’ampleur et la dangerosité de son travail, il semble que cette année, le comité Nobel soit passé à côté de l’essentiel. Ce n’est pas volontairement que l’OIAC agit, mais bien "sur commande", en l’occurrence des Nations Unies. Ce qui n’enlève rien à sa détermination, mais son action n’est pas induite par une volonté propre de lutter pour la paix.

Tant de personnes dans le monde œuvrent pour la paix et la justice, parfois anonymement et dans le secret. Pourquoi ne sont-elles pas récompensées ? On citait comme potentiels lauréats la jeune Pakistanaise Malala, dont le courage est exemplaire malgré le fait d’avoir frôlé la mort et risquer sa vie pour la justice dans son pays et dans le monde à l’égard des femmes. Même chose pour le docteur Denis Mukwege, qui poursuit son travail, sachant sa vie en danger. On s’interroge sur le fait que Ghandi ne reçut jamais le prix, malgré cinq nominations en dix ans. Pourquoi ? La réponse est sans doute à mettre sur le compte de la "real politic". Certes, le lauréat 2013 remplit pleinement les critères énoncés par Alfred Nobel, mais… on est loin du choix du père Dominique Pire, dominicain belge, couronné en 1958 et dont l’action se poursuit encore aujourd’hui avec les "Iles de paix". Il serait temps de revenir à des choix plus concrets. Le monde a besoin de témoin et d’acteur de paix.

 


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