Ecole : comment sanctionner les jours « blancs » ?


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Ecole : comment sanctionner les jours « blancs » ?
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

écolePour sanctionner les parents qui font quitter l'école à leurs enfants pour partir plus tôt en vacances, la directrice générale de l’enseignement catholique flamand propose d'agir sur les allocations familiales. Une idée que ne partage pas Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant.

A la veille de chaque période de congés scolaires, de nombreux enfants ne sont déjà plus à l'école. Souvent parce que leurs parents veulent partir plus tôt en vacances afin de bénéficier de meilleurs prix sur les trajets ou les séjours. Le phénomène prend une telle ampleur qu'il a fait réagir Mieke Van Hecke. La directrice générale de l’enseignement catholique flamand en a assez de cet absentéisme de luxe. Elle propose donc de suspendre les allocations familiales à ces parents peu respectueux des obligations scolaires.
Mieke Van Hecke explique qu’il existe une nouvelle loi pour que les écoles flamandes organisent des activités jusqu’au dernier jour d’école et que les médecins accordent moins facilement des certificats de complaisance. Malgré ça, il existe encore des parents qui prennent beaucoup de libertés. "Il faut donc envisager des sanctions, comme la suspension temporaire des allocations familiales, par exemple le mois qui suit l’infraction", propose la directrice générale de l’enseignement catholique flamand.

L'allocation familiale, un droit de l'enfant

Une idée que dénonce Bernard De Vos. Le délégué général aux droits de l’enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles estime que les allocations sont un droit inaliénable, un droit de l’enfant. Selon lui, agir sur les allocations familiales, c'est considérer cette prestation sociale comme un nouveau levier pour éviter de se poser les questions en profondeur. "Mais si c’est pour lutter contre le décrochage, contre l’absentéisme, contre l’abandon scolaire, c’est vraiment un très mauvais procès qu’on fait aux enfants et aux familles. Pourtant, personne n’est dupe. Si on veut vraiment lutter contre le décrochage scolaire, cela ne sert à rien de lutter ainsi à la marge; il faut travailler en profondeur, avoir une réflexion sur le sens de l’école pour les élèves et les parents", explique-t-il dans le journal Le Soir.
Pour lui, la solution est ailleurs: faire en sorte que l’école se montre digne de tous les enfants et de toutes les familles. "Pour le moment, on a un enseignement de piètre qualité qui ne permet pas aux enfants d’être heureux et épanouis à l’école, et qui donc n’a plus la confiance des familles. Plutôt que de réformer à la marge sur des questions d’absentéisme, il faut travailler sur le 'décrochage assis', sur cette myriade de gamins et de gamines qui vont à l’école sans en voir le sens, et dont les parents ne voient plus le sens non plus." Pour le délégué aux Droits de l'enfant, les comportements de ces parents sont inexcusables mais explicables. "Ce n’est qu’une fois que l’école sera respectable et respectée que l’on mettra fin à ces comportements 'antisociaux' de certains parents".

P.G. (avec Le Soir)

Catégorie : Belgique

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