Du courage, s’il vous plaît!


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Du courage, s’il vous plaît!
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Editorial de Jean-Jacques Durré, publié dans "Dimanche Express" n°27 du 18 août 2013 :Jean-Jacques Durré

Le début du mois d’août a vu diffuser des informations plutôt alarmantes. On a notamment appris qu’en juillet 2013, notre pays a dénombré 858 faillites de sociétés, soit 40 % de plus qu’en juillet 2012. Au total, depuis le début de l’année, ce sont quelque 7.000 entreprises qui ont fermé leurs portes, soit 14% de plus que l’année précédente, entraînant la perte de plus de 15.000 emplois.

Par ailleurs, une enquête réalisée par la Banque centrale européenne (BCE) sur le patrimoine des ménages européens a fait apparaître, d’une part, qu’il est impossible de faire des économies pour un Belge sur deux et, d’autre part, qu’environ 130.000 ménages belges, soit près de 3 % des ménages, ont plus de dettes que d’avoirs. Et les plus touchés sont les locataires, selon la BCE, qui note aussi que les familles nombreuses ont plus de probabilité d’avoir des dettes supérieures à leurs avoirs. Certes, le nombre de ménages belges fortement endettés reste encore inférieur à la plupart des autres pays de la zone euro, mais c’est une bien maigre consolation.

Précisons encore que le patrimoine moyen d’un ménage belge s’élève à 338.600 €. Mais cette «moyenne» est poussée par le haut par les millionnaires, dont le nombre a augmenté de 7,4 % en Belgique cette année.

Ces chiffres démontrent que la situation économique et sociale du pays reste fragile. Depuis la fameuse crise des «subprimes» de 2008, la situation ne cesse de se dégrader. Avec les conséquences sociales que l’on peut craindre.

De ces informations résulte aussi un constat évident: la fracture sociale est en train de s’accroître. La classe moyenne, née après-guerre, est, avec les personnes les plus fragiles, la victime des crises et de la situation économique. Cette classe moyenne tend à diminuer, ce qui constitue une triste réalité, mais surtout un terrible retour en arrière sur le plan social.

Il y a donc lieu de prendre des mesures radicales pour enrayer cette spirale. A terme, le risque est réel de voir le désespoir s’installer dans une partie de la population. «Il faut avoir le courage de dire que nous avons vécu au-dessus de nos moyens et qu’il y a lieu de revoir nos modes de vie et nos priorités», répète depuis des mois l’économiste Etienne de Callataÿ. Pour entrevoir un espoir de sortir de cette situation, il faut arrêter d’adopter des mesures de sauvetage conjoncturelles alors que le problème est structurel. Mais, le monde politique aura-t-il ce courage? A moins d’un an des élections, on peut en douter. Pourtant, c’est une question de solidarité.


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