Longtemps présentée comme le modèle européen par excellence, la Suède vient de vivre sa cinquième nuit d'émeute aux portes de la capitale.
Terre d'accueil pour bien des migrants, la Suède connaît un taux de chômage qualifié de "raisonnable", avec 8, 4 % de l'ensemble de la population. A la même période (mars 2013), le taux de chômage en Belgique s'élevait à 8, 2 %, contre 11 % en France, 11, 5 % en Italie et 26, 7 % en Espagne ou, pire encore, 27 % en Grèce.
Les troubles, qui ont débuté à Husby, à la suite de la mort d'un sexagénaire lors d'une altercation avec la police le 12 mai, se sont rapidement étendus à d'autres banlieues. S'il ne s'agit pas des premiers symptômes de violence enregistrés dans le pays - des troubles ont déjà fragilisé la quiétude des Suédois en 2008 et en 2010 -, ceux-ci traduisent, une nouvelle fois, l'enlisement d'une jeunesse sans réelles perspectives d'avenir. Car ces nuits de violence et d'émeutes, avec leur lot de véhicules en feu et débuts d'incendie constatés notamment dans deux écoles et un commissariat, relancent le débat sur l'immigration. Bien des Irakiens, des Afghans et des Somaliens, rejoints par des Balkans, et plus récemment par des Syriens, se sont installés en Suède, au point de représenter 15 % de la population.
La problématique de l'immigration
Non loin de là, la Norvège semblait tout autant à l'abri des errements de la violence, jusqu'à la tuerie de l'été 2011 au cours de laquelle 77 personnes ont perdu la vie. L'extrémisme n'est jamais loin de ces débordements…
A. T.

