La vie quotidienne dans la ville d’Alep, qui était l’une des plus florissante et dynamique de tout le Moyen-Orient, apparaît désormais comme irrémédiablement défigurée par la guerre civile. Mgr Antoine Audo, président de Caritas Syrie se dit particulièrement inquiet face à la situation dramatique dans cette ville du nord-ouest de la Syrie.
"On vit au jour le jour, j’ai l’impression que les personnes sont de plus en plus épuisées. Tous sont devenus pauvres et chacun est à la recherche continuelle de quelque chose à manger pour soi et sa famille". Dans les rues d’Alep, "on peut voir des personnes déambuler sans cesse avec des sacs en plastique en main à la recherche d’un peu de pain", poursuit l’évêque chaldéen.
Des médecins menacés, des routes bloquées
Une grande partie des rues est devenue impraticable. Le président de Caritas Syrie affirme avoir mis plusieurs heures pour regagner son domicile après s’être rendu à l’hôpital, "de nombreuses rues étaient fermées à la circulation". Il affirme par ailleurs que de nombreux médecins ont été menacés et contraints de fuir.
ONG et pays d’accueil lancent un appel à l’aide
Dans les pays voisins, où le nombre de réfugiés ne cesse d’augmenter la situation est de plus en plus critique. Le ministre jordanien de la Santé a lancé mardi un "appel urgent" pour réunir quelque 355 millions de dollars afin d'apporter une aide médicale aux centaines de milliers de Syriens réfugiés sur son territoire.
Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) a quant à lui tiré "la sonnette d'alarme". Les opérations d'aide aux réfugiés syriens arrivent à un point de rupture faute de financements suffisants, a averti mardi à Genève le coordinateur régional de l'aide du HCR, Panos Moumtzis.
En janvier, lors d'une conférence internationale sur l'aide aux populations syriennes au Koweit, 1,5 milliard de dollars ont été promis. A ce jour seuls 400 millions ont été versés.
Le HCR estime que le nombre des réfugiés syriens a passé le cap des 1,3 million et ce chiffre augmente maintenant de 200.000 personnes supplémentaires chaque mois. Il y a un an, le nombre de réfugiés dans les pays voisins de la Syrie n'était que de 30.000, selon M. Moumtzis. Une nouvelle réunion avec les donateurs est prévue le 28 mai à Genève.
Radio Vatican
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