Le Vatican vient de publier un décret pontifical permettant aux cardinaux d’anticiper la date d’entrée en conclave. Daté du 22 février, ce Motu proprio "Normas nonnullas" stipule qu’aucun cardinal électeur ne peut être exclu de l’élection. Il apporte certains détails liturgiques et aborde aussi quelques points techniques assurant la confidentialité du vote.
Dans son Motu proprio, Benoît XVI évoque la possibilité d’anticiper le début du conclave. La décision en reviendra au collège des cardinaux dans son intégralité et, pour être valide, la date choisie devra recueillir 50 % des voix plus une. Le Vatican n’a pas encore annoncé quand aurait lieu la première Congrégation générale au cours de laquelle le collège cardinalice pourrait s’entendre sur la date d’entrée en conclave. Mais celle-ci devrait vraisemblablement avoir lieu au plus tard le 4 mars. Si les cardinaux le souhaitent, le conclave pourrait alors commencer le 10 ou le 11 mars.
Le document pontifical indique également qu’un cardinal n’est élu pape que s’il recueille au moins les deux tiers des votes des cardinaux électeurs, et ce jusqu’à 34 scrutins environ, soit une quinzaine de jours de conclave. Les noms des deux cardinaux ayant reçu le plus de voix seront alors mis en ballottage, mais ceux-ci ne pourront plus voter. L’élection requerra toujours la majorité des deux tiers.
En outre, Benoît XVI autorise désormais l’ensemble du collège cardinalice à célébrer la messe "pro eligendo Papa" d’entrée en conclave. Elle sera présidée par le doyen du collège cardinalice, le cardinal Angelo Sodano, qui ne participera pas à l’élection du prochain pape, puisqu'il a dépassé la limite d’âge fixée à 80 ans.
Excommunication pour les divulgateurs
Le Motu proprio prévoit également une sanction spécifique pour toute personne impliquée dans le processus d’élection du souverain pontife - à l’exception des cardinaux - qui aurait rompu le serment de ne rien divulguer sur le conclave en cours : l’excommunication "latae sententiae". Concernant les sanctions qui frapperaient les cardinaux, Mgr Celata s’est contenté d’affirmer que le pape avait "confiance en ses cardinaux".
Par ailleurs, un cardinal qui ne pourrait se rendre au conclave pour des raisons de santé aurait toujours la possibilité de rejoindre ses pairs en cours de conclave. En revanche, un cardinal qui s’exclurait de lui-même perd définitivement son droit de vote.
Plus largement, le Motu proprio affirme qu’"aucun cardinal électeur ne pourra être exclu de l’élection, que ce soit de façon active ou passive, pour aucun motif ou prétexte que ce soit".
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