Pourquoi une “nouvelle” évangélisation ?


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Pourquoi une “nouvelle” évangélisation ?
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
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Editorial de Jean-Jacques Durré, paru dans le "Dimanche Express" n°35 du 14 octobre 2012 :

Ce dernier week-end s’est ouvert à Rome le synode des évêques, qui traitera de la nouvelle évangélisation et marquera le début de l’Année de la Foi. Il coïncide aussi avec le 50e anniversaire, ce 11 octobre, de l’ouverture du concile Vatican II, qui changea profondément le visage de l’Église.

Un synode n’est jamais un événement anodin. Il exprime d’abord la collégialité qui unit les évêques au pape. On peut toutefois s’interroger sur le thème de "nouvelle" évangélisation. Le message du Christ aurait-il changé? L’Église a-t-elle quelque chose de nouveau à annoncer? Rien de tout cela. Le message de l’Évangile reste d’une brûlante actualité aujourd’hui, dans un monde en crise et en proie à bien des incertitudes. Ce qui a changé, c’est l’environnement du monde. Et il faut reconnaître qu’avec la sécularisation de la société, il n’est guère aisé d’apporter ce message d’Amour à ceux à qui il est destiné, à savoir l’humanité tout entière. Car ce message est universel.

Plus que jamais, il est difficile de porter cette bonne nouvelle, alors que tant d’êtres humains, sur tous les continents, souffrent et vivent dans la précarité et avec l’angoisse du lendemain. Annoncer la Bonne nouvelle, c’est apporter l’Espérance malgré tout et contre tout. Facile à dire? C’est, de fait, plus facile à dire qu’à faire. Pourtant, c’est à cette mission que nous sommes conviés comme chrétiens. Au-delà des problèmes qui surviennent, des douleurs qui peuvent ne jamais se cicatriser, au-delà des catastrophes, des guerres et conflits qui tuent des milliers d’humains, au-delà de la crise qui met à la rue des gens et les fragilisent… Bref, au-delà de ce constat guère réjouissant, il y a dans le message du Christ cette flamme qui nous dit qu’il ne faut jamais désespérer. C’est la force de la foi. S’y accrocher, c’est regarder vers l’avenir et replacer l’être humain au centre de nos préoccupations pour tendre vers un monde plus équitable.

À cet égard, il y a 50 ans, le pape Jean XXIII a été un visionnaire. Certes, il existait un courant dès la fin des années 50 pour s’ouvrir au modernisme et à l’autre. Qu’on le croie ou non, Vatican II a été le déclencheur d’une ouverture sans précédent sur le monde. En ouvrant grand les "fenêtres de l’Église", le "bon pape Jean" a secoué les hommes et les femmes pour qu’ils mettent en pratique ce que le Christ nous a transmis et a surtout permis de comprendre que le message de l’Évangile est joyeux, porteur d’espérance et que chacun avait un rôle à jouer dans sa diffusion et sa transmission. Un réel signe d’Espérance… qui est encore d’actualité!

 


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