Rencontre de Benoît XVI avec les autorités politiques


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Rencontre de Benoît XVI avec les autorités politiques
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Au palais présidentiel de Baabda, à Beyrouth, dans la matinée du 15 septembre 2012, Benoît XVI a proposé une vaste leçon sur les fondements de la paix et du bien commun. Devant les plus hautes autorités libanaises, le corps diplomatique, les responsables religieux et des représentants du monde de la culture, le pape a assuré que "la voie de la paix" résidait dans "un nouveau type de fraternité" où les hommes sont unis par "le sens commun de la grandeur de toute personne"...

Au fil de ce discours en français, le pape a particulièrement insisté sur "la dignité de l’homme" et le "caractère sacré de la vie", sur "le dialogue et la solidarité". "Si nous voulons la paix, défendons la vie", a lancé Benoît XVI pour qui il s’agit de mettre fin aux guerres, aux "actes terroristes", mais aussi "à toute atteinte à la vie de l’être humain".

Benoît XVI, dans une allusion évidente à l’Occident, a assuré que "certaines idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société". "Aujourd’hui, a encore affirmé le pape, les différences culturelles, sociales, religieuses, doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité, où justement ce qui unit est le sens commun de la grandeur de toute personne, et le don qu’elle est à elle-même, aux autres et à l’humanité". A ses yeux, "là se trouve la voie de la paix", c’est "l’orientation qui doit présider aux choix politiques et économiques, à chaque niveau et à l’échelle planétaire".

Respect réciproque des religions

Dans ce discours, Benoît XVI a évoqué la coexistence séculaire des chrétiens et des musulmans au Liban avant de s’interroger. "Il n’est pas rare de voir dans la même famille les deux religions", "Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l’ensemble de la société ?". Affirmant que "la spécificité du Moyen-Orient se trouve dans le mélange séculaire de composantes diverses" qui, "certes (…) se sont combattues", le pape a assuré qu’une "société plurielle n’existe qu’à cause du respect réciproque, du désir de connaître l’autre et du dialogue continu".

"La croyance authentique ne peut pas conduire à la mort" a conclu le pape, qui a rappelé le rôle essentiel des croyants : "témoigner de la paix qui vient de Dieu". Avant de remercier ses hôtes, Benoit XVI a souligné que toutes ces réflexions ne pouvaient demeurer de simples idéaux, mais qu’elles pouvaient et devaient être vécues, en particulier au Liban qui incarne un exemple.

Dans un discours en arabe, le président Sleiman a jugé que la visite de Benoît XVI était "historique". Il a aussi profité de cette tribune pour marquer sa distance avec le régime syrien voisin, assurant que les Libanais avaient décidé de "rester à l’abri des développements régionaux". Il a aussi réclamé l’application de la résolution 1701 des Nations unies en 2006 mettant fin à la guerre avec Israël et a rejeté l’implantation des Palestiniens au Liban.

Bémol à ce voyage papal, la foule regrette de ne pas avoir encore eu l'occasion d'approcher Benoît XVI lors de ses déplacements dans le pays. Ainsi, le quotidien francophone libanais "L'orient - le Jour" fait écho de la déception de nombreux Libanais qui n'ont pu apercevoir le pape lors de son déplacement sur l'autoroute, celle-ci étant fermée pour des raisons de sécurité. Un contraste total avec l'arrivée de Jean-Paul II en 1997, quand des dizaines de milliers de Libanais avaient fait le déplacement, rappelle le quotidien.

Pour retrouver l'intégralité du discours du pape au palais présidentiel, cliquez sur : https://fr.radiovaticana.va/Articolo.asp?c=621375

apic/at


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