Le 16 août dernier, des policiers ont tiré sur une foule de mineurs grévistes faisant de nombreux morts et blessés. Ils affirment avoir agi en état de légitime défense. Selon eux, les grévistes brandissaient des armes dangereuses. Les évêques catholiques sud-africains se sont déclarés consternés par le massacre de la mine de Marikana. Cette intervention policière est la plus meurtrière depuis la chute de l’apartheid en 1994, relèvent les évêques, qui réclament l'ouverture d'une enquête.
Le pays tout entier a été horrifié par ce massacre. Signe de la gravité de la situation, le président Jacob Zuma a quitté précipitamment un sommet régional au Mozambique pour se rendre sur les lieux du drame.
Dans ce pays où le souvenir des luttes sanglantes contre le régime de l’apartheid est omniprésent, la vision de policiers tirant sur des grévistes, eux-mêmes armés, a ravivé des plaies encore vives. Pour les observateurs, cette violence est le signe tangible de la tension sociale qui grandit, dans ce pays où les inégalités demeurent considérables. La plupart des mineurs vivent, en effet, dans des conditions très précaires, dans des baraquements insalubres accolés à la mine, sans même disposer d'eau courante.
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