L’avenir de l’Europe passe aussi par un témoignage renouvelé de la foi en politique. Seule une raison éclairée par la foi pourra trouver des réponses appropriées aux défis politiques et économiques actuels, estiment les secrétaires généraux des conférences épiscopales, réunis à Edimbourg du 29 juin au 2 juillet. C'est le chanoine Herman Cosijns, secrétaire général de la conférence épiscopale, qui représentait la Belgique lors de cette 40e rencontre annuelle.
Dans la plupart des pays d’Europe, il apparaît que Dieu est relégué dans la sphère privée, tant dans les domaines de la politique, de la culture, de la législation que dans l’opinion publique. Il n’est pas rare d’assister à des formes déguisées de limitation de la vie religieuse des Églises, et même à des ingérences de l’État dans la vie de l’Église. Cet éloignement de Dieu de la vie quotidienne, qui représente une perte pour toute la société, est particulièrement visible en ce temps de crise économique, marqué par ailleurs par une grande soif de Dieu.
La culture individualiste, matérialiste et hédoniste, qui prédomine aujourd’hui, est une voie sans issue dont il faut pouvoir sortir. Une solution dégagée au cours de la rencontre, qui est aussi un appel adressé à tous les fidèles, consisterait à grandir dans la "vertu de l’excellence", et en particulier de l’excellence intellectuelle. Selon le professeur John Haldane, l’Église catholique est appelée à une "renaissance intellectuelle". Évêques, prêtres, religieux et laïcs doivent grandir dans leur capacité de témoigner publiquement leur foi au monde d’aujourd’hui.
À la vie publique, l’Église n’apporte pas seulement un certain nombre de règles morales nécessaires au vivre-ensemble dans une société plurielle; à un niveau plus profond, elle propose des outils rationnels pour comprendre la vie et les fondements de l’éthique et de la morale. Certes, l’Église n’offre pas de solutions techniques aux problèmes actuels. Cependant, Elle est convaincue que la raison éclairée par la foi est capable de découvrir des chemins qui redonneront une espérance à la société européenne.
Lorsque la liberté religieuse est réduite à une simple liberté de culte ou de conscience et que la possibilité d’une présence publique de la foi chrétienne est contestée, toute la société s’en ressent. Et qu'un État (tels les Etats-Unis) impose aux Églises des pratiques, qui vont à l’encontre de la conscience de leurs fidèles, est particulièrement inquiétant.
D'une enquête menée auprès des conférences épiscopales sur les différents systèmes de financement des Églises en Europe, il ressort que les États ne soutiennent les conférences épiscopales que dans une très faible mesure. La majeure partie de leurs rentrées provient directement des fidèles. Les médias présentent souvent une image faussée et très partiale de cette question, faisant de l’Église une institution privilégiée, alors que les différentes formes de financement étudiées montrent clairement qu’il s’agit de compensations économiques qui bien souvent ne sont pas même à la hauteur des services demandés par la société, comme par exemple les écoles catholiques, les hôpitaux ou les foyers pour personnes âgées…
Par ailleurs, le dialogue œcuménique est plus fécond au niveau local qu’au niveau international : les Églises préfèrent travailler ensemble sur des projets concrets plutôt que sur les structures, et les résultats se révèlent plus prometteurs dans le dialogue bilatéral entre Églises que dans le dialogue multilatéral. En général, les Églises chrétiennes en Europe ressentent l’urgence de passer d’une simple coopération à la recherche d’une véritable unité.
La prochaine rencontre se tiendra à Varsovie du 27 au 30 juin 2013 à l’invitation de Mgr Wojciech Polak, secrétaire dela Conférence épiscopale de Pologne.
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