En 2007, la Belgique a été le premier pays à interdire les armes à sous-munitions, et à proscrire, dans la foulée, le financement de celles-ci. Cette loi se présente comme un modèle du genre pour les autres pays… A cette nuance près qu'elle n'est pas encore totalement appliquée. En effet, la loi belge imposait pour 2008 la publication d'une liste des producteurs d'armes à sous-munitions. Quatre ans plus tard, cette "liste noire" n'existe toujours pas, malgré la pression exercée par les ONG et certains parlementaires. Aussi Handicap International appelle-t-il le gouvernement belge à appliquer la loi sans plus tarder. Et, par delà la Belgique, l'ensemble des gouvernements à légiférer pour interdire tout financement de ces armes.
"Tant que leur production pourra être financée, nous ne serons débarrassés de ces armes. Un Etat ne peut pas interdire les sous-munitions et autoriser sur son territoire des institutions à les financer. C'est une véritable aberration pour les victimes de ces armes" affirme Bruno Leclercq, responsable du Plaidoyer pour Handicap International à Bruxelles.
Lorsque des sous-munitions sont larguées sur un territoire, elles contaminent de grandes surfaces, pour de longues années. 98% des victimes recensées sont des civils. "Handicap International soutient les survivants de ces armes depuis 30 ans" explique Bruno Leclercq, qui ajoute : "le problème doit être pris à la source. Il faut que ces armes soient éradiquées, ce qui implique notamment d'empêcher leur production et leur financement.".
Au cours des trois dernières années, 43 milliards de dollars ont été investis dans la production d'armes à sous-munitions. Selon le rapport "Worldwide Investments in Cluster Munitions : a Shared Responsibility", présenté à Berlin le 14 juin et réalisé par IKV Pax Christi (Pays-Bas) and FairFin (Belgique), le nombre d'institutions financières investissant dans les sous-munitions est passé de 164 à 137. Parmi les institutions belges qui ont cessé d'investir dans la production de sous-munitions, on retrouve notamment Ethias. Belfius et KBC se dirigent vers un arrêt du financement de celles-ci.
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