"Les catholiques méritaient mieux que Mgr Léonard"… Un titre choc pour une conférence organisée par les Médias Catholiques, dans la cadre de la Foire du Livre. Jean-Jacques Durré, directeur de la rédaction des Médias Catholiques, avait réuni sur un même plateau le primat de Belgique aux côtés de quatre parlementaires: Philippe Lamberts (Écolo), Karine Lalieux (PS), Georges Dallemagne (CDH) et Denis Ducarme (MR) ainsi que trois journalistes.
Ce débat du 4 mars a connu un grand succès, avec une salle comble et des échanges de qualité. D'emblée, Jean-Jacques Durré est revenu sur la phrase de Laurette Onkelinx, qui a donné son titre au débat. Reprenant un extrait du dernier livre de Mgr André-Joseph Léonard, "Agir en chrétien dans sa vie et dans le monde", le directeur de la rédaction s'est interrogé sur l'éventuelle disparition, de la sphère politique, des catholiques. Des propos aussitôt confirmés par Mgr Léonard, qui a souligné la nécessité que "des jeunes s'engagent au service du bien commun".
Si Karine Lalieux estime légitime de critiquer le monde politique, elle regrette pourtant la mise en cause de la démocratie par le prélat de Belgique, "un appel à l'incivisme" selon cette dernière. Volontairement conciliant, Denis Ducarme s'est dit "attentif à la neutralité de l'État" et "adepte de la réconciliation". Or, "certaines déclarations ont créé des aspérités fortes", la "forme" des propos de Mgr Léonard étant source de "conflits", selon le député. Quant à Georges Dallemagne, il s'est insurgé contre l'idée selon laquelle le parlement abuserait de son autorité et ferait preuve d'"arrogance à légiférer", estimant ces propos risqués alors que certaines sociétés "ont du mal à faire prévaloir la démocratie parlementaire"… La question de la préséance du droit naturel sur le droit démocratique ou positif s'est inscrite au cœur de ce débat à la Foire du Livre. Le quatrième intervenant du monde politique, Philippe Lamberts, s'est distancié de l'Église, tout en s'affirmant "vert et chrétien". "Si nous voulons changer ce monde, il faut l'aimer" a-t-il lancé, avant de confier sa déception à la lecture de la première Encyclique sociale de Benoît XVI.
"Nous vivons dans une société des petites phrases" a rappelé Christian Laporte (La Libre Belgique), qui n'a pas manqué de souligner que Mgr André-Joseph Léonard "est un bon client" pour les médias! De son côté, Ricardo Gutiérrez (Le Soir) a défendu le droit à l'expression (et à la critique) de l'archevêque, un droit partagé par tous les citoyens belges.
C'est le gong de l'horloge qui a sonné la fin du débat, décidément trop court au regard des participants et des intervenants. À réitérer… La démocratie grandit de telles rencontres.
Retrouvez l'article complet dans le journal "Dimanche", n°10, du 11 mars prochain.
Angélique Tasiaux
Réalisation : Benoit Jacquet (st)
