Un congrès international sur le génocide arménien, intitulé "De la reconnaissance à l'indemnisation", a eu lieu du jeudi 23 au samedi 25 février au catholicossat des Arméniens orthodoxes à Antélias, près de Beyrouth. Les travaux, sous le patronage du catholicos de Cilicie Aram 1er, se déroulaient en présence de juristes internationaux.
Le séminaire sur le génocide arménien amorce la problématique de l'indemnisation. Cette revendication vient appuyer l'appel assidu à la reconnaissance internationale des massacres de 1915-1916.
Le dédommagement matériel, humain et moral, qui revient de droit au peuple arménien depuis 1915, constitue l'objet premier de ce séminaire, qui met l'accent sur "les biens sacrés des milliers d'églises et monastères de Cilicie et de l'Ouest de l'Arménie (l'actuel sud-est de la Turquie), pillés par l'Empire ottoman, et que l'Etat turc refuse de rendre jusqu'à ce jour".
Dans son allocution, le catholicos Aram 1er a relevé que le génocide a dépassé les seules limites des relations turco-arméniennes "pour devenir partie intégrante de l'agenda mondial". Ainsi la Chambre des représentants des Etats-Unis a récemment sommé la Turquie de remettre aux ayants droit les lieux de culte confisqués, ainsi que les biens de l'Eglise dérobés. Le catholicossat est déterminé à mettre cette demande à exécution, puisque "les droits de l'homme ne sont pas optionnels, mais intrinsèques au message évangélique".
Aram 1er a rappelé que la reconnaissance formelle du génocide arménien est une condition sine qua non pour toute tentative ou procédure visant à rétablir la justice. Pour Joe Verhoeven, juge ad hoc à la Cour internationale de justice (CIJ), le point de vue du catholicossat arménien est correct, puisqu'il articule son approche sur les deux aspects de la reconnaissance et de l'indemnisation. Estimant que le génocide arménien était indiscutablement "le résultat d'une politique décidée par l'Empire ottoman", Joe Verhoeven précise néanmoins que "le génocide n'est pas, à l'instar de la paternité, un problème juridique où la reconnaissance importe". "C'est un fait que personne ne réfute désormais", affirme-t-il. Dans ce cadre, il interprète l'aversion de la Turquie à reconnaître le génocide comme "un refus d'assumer sa responsabilité, car elle est dans le déni même du fait".
Pour rappel, le 23 janvier dernier, le Parlement français a adopté un projet de loi visant à pénaliser la négation du génocide arménien, au même titre que celui des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
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