Le président du Conseil pontifical de la culture, le cardinal Gianfranco Ravasi, déplore que la prédication soit devenue "incolore, inodore et sans saveur, au point d’être désormais tout à fait insignifiante". Le cardinal Ravasi invite les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l’attention des fidèles. "Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquiète, qui juge.". Le haut prélat estime qu’il faut retrouver à nouveau "le scandale que crée la parole, en citant en exemple la Bible, dont la lecture peut inquiéter et parfois déconcerter".
Concrètement, le cardinal a proposé deux marches à suivre. Il faut, avant tout, être conscient que le public a subi une révolution dans la communication. "L’information télévisée et informatique demande par exemple d’être incisif, de recourir à l’essentiel, à la couleur, à la narration, de se rendre compte que l’interlocuteur qui se trouve en face de vous a une nouvelle longueur d’onde", a expliqué le chef du dicastère de la culture.
Une autre voie consiste à prendre en compte le fait que la Bible est paradoxalement l’un des textes les plus propices à ce type de langage: narrations, figures, symboles, images. Selon le cardinal Ravasi, l’attention des croyants serait sûrement stimulée. Pensant que la communication de la foi n’a pas lieu seulement dans l’homélie, il a cité en exemple le réseau social "Twitter", qui permet l’envoi de brefs messages d’information obligeant à donner quelque chose de "fulgurant et d’essentiel".
Tout en invitant à parcourir ces "nouveaux canaux de communication", le président du Conseil pontifical de la culture a souligné que le message religieux a besoin de la noblesse de la parole. "Il faut se battre pour ne pas accepter la dérive", a-t-il lancé, constatant avec amertume qu’aujourd’hui, "les mots sont malades".
L’Institut français - Centre Saint-Louis organise, jusqu’à mai 2012 à l’Université pontificale grégorienne, un cycle de 8 conférences intitulé : "Parole en éclats, éclat de la Parole". Des universitaires français et italiens, catholiques ou non, y participeront. Le cardinal Ravasi s’est exprimé devant un parterre de 200 personnes, le 3 novembre 2011 lors de l'ouverture de ce cycle.
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