Au cours de son voyage au Bénin, Benoît XVI a réaffirmé son affection envers le continent africain, riche de valeurs "authentiques", qu'il considère comme "le continent de l'espérance". Ce voyage au Bénin est le deuxième voyage apostolique du pape en Afrique et le 22e de son pontificat.
On le sait, le Bénin est le berceau du culte vaudou. Aussi le pape a-t-il souhaité aux chrétiens d'être des témoins ardents de la foi et a-t-il invité les fidèles à se libérer des peurs et du "monde ancien". Le pape a ainsi répété au clergé béninois que l'amour pour Dieu et pour l'Eglise représente un antidote efficace contre "des syncrétismes qui égarent". Il a également plaidé pour une juste intégration des valeurs authentiques des cultures dans la foi chrétienne.
Rappelons que l'Eglise catholique béninoise a été marquée, ces derniers mois, par l'excommunication d'un prêtre exorciste, le père Mathias Vigan, accusé de soutenir et d'encourager le culte d'une jeune femme d'une vingtaine d'années, Parfaite, qui prétend être l'incarnation de l'Esprit saint et mobilise des milliers de fidèles.
Aussi le pape a-t-il veillé à s'adresser particulièrement aux prêtres, les encourageant à laisser transparaître le Christ dans leur vie par une vraie communion avec l'évêque et une réelle bonté pour leurs confrères.
Lors d'une rencontre joyeuse avec des enfants, le pape les a invités à prier le chapelet, en joignant le geste à la parole : "Chers enfants, Jésus vous aime ! Demandez aussi à vos parents de prier avec vous ! Parfois, il faut les pousser un peu. N'hésitez pas à le faire !". Jésus, a encore affirmé Benoît XVI, est "un trésor qu'il faut savoir partager avec générosité".
C'est la première fois de son pontificat que Benoît XVI rencontrait des enfants si jeunes lors d'une audience spécifique. Parmi les enfants, qui ont accueilli en chantant et en dansant le pape visiblement très heureux, se trouvaient des jeunes abandonnés, orphelins, ou malades, dont certains infectés par le virus du sida.
Au palais présidentiel de Cotonou, Benoît XVI a salué le désir de liberté manifesté ces derniers mois par "de nombreux peuples" et a relevé la naissance récente d'un nouvel Etat sur le continent, le Sud Soudan. S'il observe que "les conflits engendrés par l'aveuglement de l'homme, par sa volonté de puissance et par des intérêts politico-économiques qui font fi de la dignité des personnes ou de celle de la nature" ont été nombreux, Benoît XVI a aussi assuré que l'homme aspire à la liberté, à posséder "de bonnes écoles et de la nourriture pour les enfants, des hôpitaux dignes pour soigner les malades", qu'il souhaite être respecté et revendique une gouvernance limpide "qui ne confonde pas l'intérêt privé avec l'intérêt général", et par dessus tout la paix et la justice. "Nous savons qu'aucun régime politique humain n'est idéal, qu'aucun choix économique n'est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun. Nous nous trouvons donc en face d'une revendication légitime qui touche tous les pays, pour plus de dignité, et surtout pour plus d'humanité." Benoît XVI a également précisé que "le pouvoir, quel qu'il soit, aveugle avec facilité, surtout lorsque sont en jeu des intérêts privés, familiaux, ethniques ou religieux. Dieu seul purifie les cœurs et les intentions". Enfin, évoquant le dialogue interreligieux, le pape a prôné une pédagogie du dialogue.
(c) CICOM
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