111 personnalités belges ont publié une lettre ouverte intitulée "Les coupes dans le budget de la solidarité internationale, ça suffit !". Parmi les signataires, les représentants de diverses religions, dont Mgr Delville et Eric de Beukelaer, ainsi que des hommes et femmes politiques, des personnes engagées dans le monde culturel, syndical, etc.

CC-BY- Marisol Grandon
La lettre ouverte publiée sur le site du CNCD 11.11.11 ce 18 janvier dénonce d'abord les nouvelles coupes budgétaires imposées par le gouvernement qui laisse percevoir l'aide au développement comme une variable d'ajustement budgétaire. Les signataires rappellent pourtant : "Si l’aide publique au développement n’est pas la panacée, elle a néanmoins démontré son efficacité pour soutenir le développement économique et social dans les pays pauvres." L'argent investi dans les pays du Sud contribue à "la reconstruction des Etats fragiles ou post-conflits, le financement de l’adaptation au changement climatique, l’éradication des grandes pandémies ou le renforcement des capacités de recherche et de formation".
La lettre ouverte souligne l'effet bénéfique que l'investissement a tant pour les bénéficiaires que pour les donateurs: "Face aux tentations de replis identitaires, la coopération au développement contribue à promouvoir la solidarité et la stabilité internationale dans un monde de plus en plus interdépendant. En ce sens, elle n’est pas seulement allouée dans l’intérêt des pays pauvres, mais aussi dans celui des pays donateurs. Facteur de stabilité et de paix, l’aide au développement contribue à enrayer les 'effets boomerang' engendrés par la pauvreté et les conflits dans le voisinage des pays développés."
Les signataires rappellent enfin l'objectif 2030 auquel la Belgique a souscrit: il s'agirait que 0.7% du revenu national brut (RNB) soit consacré à l'aide publique au développement. "Il en va dès lors de la crédibilité internationale de la Belgique. Cet engagement ne représente en rien un objectif budgétaire inatteignable. Au contraire, l’aide au développement est un placement préventif qui rapporte."
A la logique comptable, le ministre Alexander De Croo répondait dans les colonnes du Soir que la priorité gouvernementale va à l'efficacité des budgets investis. Le ministre de la Coopération et du développement explique alors qu'il préfère aider quelques régions précises, ou privilégier quelques thématiques, en fonction des résultats attendus. Le vice-Premier ministre réitère l'engagement d'essayer d'atteindre l'objectif de 0.70% dédié au développement en 2030.
A.-F. de Beaudrap
Appel des 111 à lire sur le site du CNCD
