L’Organe de Consultation entre Chrétiens et Juifs en Belgique (OCJB) s’est réuni lundi soir, 26 juin à la Grande Synagogue de Bruxelles pour fêter, en toute simplicité, son vingt-cinquième anniversaire. Si le groupe est modeste, les pas déjà accomplis sont gigantesques, mais la route est encore longue…
Pendant près de deux millénaires, la doctrine chrétienne a souvent été ouvertement anti-juive. Le vendredi saint par exemple, la liturgie catholique prévoyait une prière "pour les juifs perfides"; c’est le saint pape Jean XXIII qui l’a supprimée dans la foulée du deuxième Concile du Vatican. Ce grand Concile a également adopté, en 1965, Nostra Aetate, une déclaration qui marque un tournant fondamental dans les relations judéo-chrétiennes. Mais cette déclaration - tout comme également la déclaration Le désordre de l’homme et le dessein de Dieu du Conseil œcuménique des Eglises de 1948 - n’est pas tombée des nues. Ces déclarations ont été inspirées, sinon préparées par une conférence historique il y a exactement septante ans: la conférence de Seelisberg.
Dans le petit village suisse de Seelisberg se sont réunies, du 30 juillet au 5 août 1947, des personnalités juives, catholiques, orthodoxes et protestantes en provenance de dix-sept pays différents, pour étudier une série de thèses introduites par l’historien Français Jules Isaac. Les "Dix Points de Seelisberg" qui ont conclu ces échanges ont donné des repères aux Eglises pour les aider à mettre fin à l'animosité vis-à-vis des Juifs et pour les encourager, au contraire, à "l’amour fraternel à l’égard du peuple de l’Ancienne Alliance, si durement éprouvé". En effet, le monde intellectuel chrétien s’est rendu compte de la responsabilité indéniable de la doctrine chrétienne dans l’antisémitisme millénaire qui a connu son pire développement lors de l’holocauste nazi.
Le travail de la conférence de Seelisberg est perpétué par une organisation internationale, le "International Council of Christians and Jews ", dont le siège est situé dans l’ancienne maison de Martin Huber à Heppenheim, près de Frankfort, en Allemagne. Depuis vingt-cinq ans, dans notre pays aussi, un Organe de Consultation entre Chrétiens et Juifs en Belgique (OCJB) rassemble des hauts représentants du monde juif, catholique et protestant. Son objectif est de "mieux comprendre, par le biais d’une étude conjointe, nos traditions mutuelles, et pour scruter ensemble de nouvelles pistes", comme le disait le Président Harry J. Sinnaghel, prédicateur laïque protestant actif à Bruxelles, lors d’une petite manifestation pour le vingt-cinquième anniversaire de l’OCJB.
L’OCJB est composé, entre autres, du président du Consistoire Central Israélite de Belgique, Maître Philippe Markiewicz, du Grand rabbin de Bruxelles, Albert Guigui, de l’évêque référendaire pour les relations judéo-chrétiennes, Mgr Johan Bonny, du président de la Commission nationale pour les relations entre chrétiens et Juifs, le chanoine anversois Hendrik Hoet, du président de l’Eglise Protestante Unie de Belgique, le pasteur Steven H. Fuite, et de Danny Rouges, du "Antwerpse Contactgroep voor Joods-Christelijke Betrekkingen" ("Groupe de contact anversois pour les relations judéo-chrétiennes"). Il est dommage que les anglicans et orthodoxes ne participent pas encore à cette initiative, car les relations au sein du OCJB sont devenues à ce point amicales, qu’elles permettent d’approfondir petit à petit la collaboration judéo-chrétienne.
Benoit Lannoo
Photo: Le président Harry J. Sinnaghel accueille les membres à l’occasion d’une petite manifestation pour le vingt-cinquième anniversaire de l’Organe de Consultation entre Chrétiens et Juifs en Belgique (OCJB). Copyright: Arturo Volponi.
L’Organe de Consultation entre Chrétiens et Juifs en Belgique (OCJB) s’est réuni lundi soir, 26 juin à la Grande Synagogue de Bruxelles pour fêter, en toute simplicité, son vingt-cinquième anniversaire. Si le groupe est modeste, les pas déjà accomplis sont gigantesques, mais la route est encore longue…